L’intensité du débat ne laisse aucun doute sur l’importance du thème. Selon le Conseil de l’Europe une femme sur quatre en Europe subit des violences. Si on appliquait ces chiffres au 34% de députées européennes, on arriverait à plus de 60 parlementaires concernées. L’une d’entre elles est Eva Britt-Svensson (Gauche européenne), Présidente de la Commission des droits de la femme et de l'égalité des genres. Elle même a subit la violence, raison pour laquelle elle la combat aujourd’hui. « On pense toujours que la violence concerne surtout les plus faibles de la société, les alcooliques et les pauvres. Mais c’est un mythe. La violence contre les femmes touche toutes les couches sociales. »

Pour lutter contre cette violence au sein de toutes les couches sociales et dans tous les pays européens, le Parlement a lancé début mars la campagne We can stop it !, soutenue entre autres par Nicole Kidman.

Dans le cadre de cette campagne Madame Britt-Svensson participe le même soir (8 mars) à un débat public à Strasbourg. La juge Maud Boer-Buquicchio, Secrétaire générale adjointe du Conseil de l'Europe et l’expert Marc Tarabella (Parti socialiste) y participent également. Ensemble, ils tirent la sonnette d’alarme. « La violence contre les femmes est toujours un tabou. Il faut en parler, c’est important », déclare Monsieur Tarabella.

Lors du débat, E. Britt-Svensson met le doigt sur un point essentiel : « On dit toujours qu’il n’y a pas d’argent pour aider les femmes. Mais moi, je dis que la prévention pourrait même nous faire faire des économies. Car la prévention coûte moins cher que le soin compliqué des victimes. Il faut commencer au plus jeune âge. Il faut expliquer aux jeunes filles que la violence est inacceptable. Il faut montrer aux jeunes garçons que la violence n’est pas la solution d’un problème. »

L’Espagne est actuellement sur la meilleure voie pour régler l’enjeu de la femme. Le pays n’a pas seulement mis ce thème sur la liste de priorité de sa présidence de l’UE, il a également l’une des législations les plus modernes en la matière. En Espagne, les femmes sont protégées comme nul part ailleurs en Europe. La juge suédoise Boer-Buquicchio dit à ce propos : « Il nous faut des lois aussi efficaces que les Espagnols ou par exemple les Turques. Dans toute l’Europe. » « Mais une loi et sa mise en œuvre sont deux choses différentes. Il ne faut pas seulement des lettres mais aussi des actions concrètes », s’insurge Tarabella. Et Britt-Svensson propose : « Il faudrait créer une institution qui analyse et compare les différentes législations européennes pour développer un système de lois efficace. Pour arrêter la violence, il faut qu’on coopère tous ensemble. Ensemble nous pouvons y arriver. »

Après le débat, les intervenants reçoivent des fleurs. Pas seulement les femmes mais aussi les hommes. A ce niveau, l´égalité semble être réussie. C’est un début.

(Photo: journée internationale de la femme)