La grave crise économique et sociale que connaissaient l’Europe et le monde depuis la fin de l’année 2008, s’abattait sur des sociétés déjà fragiles, comme l’attestaient les émeutes des banlieues en France en 2005 – qui furent suivies par d’autres – ou les manifestations de la jeunesse en Grèce en 2008. Au cours de cette période, l’Italie de Berlusconi, où de véritables milices – « les rondes citoyennes » - avaient été légalisées, décréta à plusieurs reprises l’état d’urgence, faisant intervenir l’armée pour « rétablir l’ordre ». Cette violence sociale et politique avait fait le jeu des groupements extrémistes qui partout en Europe progressaient aux élections, accroissant ainsi la pression sur des gouvernements qui menaient des politiques de plus en plus autoritaires et répressives.

L’enquête de Cassim piétinait, malgré la masse d’informations recueillies. Il ne lui manquait que les noms des « têtes pensantes » des incendies criminels de foyers d’immigrés, qui avaient été perpétrés à Berlin. C’est Emma qui, par une remarque en apparence anodine, le mit sur la piste : « Je suis sûre que c’est un type comme Ulbricht qui est dans le coup », dit-elle. Cassim reprit aussitôt l’avion pour Berlin. Le ciel fut clément ce jour-là. Après un atterrissage en douceur, il prit la route vers la Potsdamer Platz où l’attendait son informateur.

Epilogue

Il avait fallu plusieurs minutes avant que le personnel de sécurité du Parlement européen ne maîtrisât le forcené. Le détail des faits fut donné le lendemain dans un article paru dans Libération, dont l’auteur était un jeune journaliste, Grégoire Labbé :

''« (…) En séance plénière, après que la députée Emma Rückert soit intervenue pour interpeller l’assemblée sur les agissements de certains députés du groupe Nations européennes, l’un des membres de ce groupe, Stefan Ulbricht, après avoir invectivé la députée verte, a dévalé du haut des travées, s’est dirigé droit sur elle et l’a agressée physiquement. Mlle Rückert venait d’exposer les raisons qui l’amenaient à penser que des actes criminels à l’encontre de foyers d’immigrés avaient été commis à Berlin à la fin de l’année 2013, à l’instigation de M. Ulbricht. (…) Stefan Ulbricht, après ce passage à l’acte violent, a avoué tous les faits aux services de police qui l’ont interrogé. (…) »''

Le même jour, un article du Guardian, signé par Cassim Aslam, révéla toute l’histoire.

- FIN -

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© Guillaume Delmotte.

Sculpture et photo : © Michel DELMOTTE. Entre – acte (1991/1992)