Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Jagland, Secrétaire général du Conseil de l'Europe pour une plus grande égalité femmes-hommes

36032_56par Maria Kozarova

A l'occasion de la Journée internationale de la femme le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, Thorbjørn Jagland, s'est prononcé pour une plus grande égalité entre hommes et femmes. Selon lui, la deuxième décennie du XXIe siècle devrait instaurer une égalité réelle entre les hommes et les femmes. « L’égalité dans la vie professionnelle et politique est essentielle pour parvenir à une égalité dans la sphère privée. » Il a insisté sur la nécessité de respecter le principe du salaire égal pour un travail de valeur égale, ainsi que le besoin d'accroître la participation politique des femmes et de mettre définitivement fin à toutes les violences à l'égard des femmes. « Tout doit être mis en œuvre pour garantir une rémunération égale. Les écarts salariaux entre hommes et femmes pour un travail de valeur égale ne peuvent se justifier. L'activité professionnelle constitue un fondement important dans nos sociétés. Les inégalités sont injustes et ne sauraient être acceptées plus longtemps », a déclaré M. Jagland. Cependant, la situation actuelle n'est pas celle d'une égalité entre genres même au niveau politique national. Une étude menée par le Conseil de l’Europe montre qu’entre 2005 et 2008, le pourcentage de femmes élues dans les parlements à chambre unique ou les chambres basses des parlements nationaux en Europe est passé de 21,8 % à 23,7 % seulement. « Compte tenu de l'importance de la vie politique dans la définition des priorités et de l'orientation de nos sociétés, nous devons entendre la voix et l'opinion des femmes. Les femmes doivent être aussi présentes que les hommes en politique », a souligné le Secrétaire Général.

Ces brèves sont réalisées en partenariat avec la rédaction étudiante du Master Politiques Européennes de l’IEP de Strasbourg

Knapp, ça tourne !

knapp.jpg

Par Tania Gisselbrecht

Il y a fort à parier que vous ne savez pas qui est Peter Knapp ! Sans doute pensez-vous même avoir une bonne excuse : vous ne vous intéressez pas à la photographie ou aux arts visuels en général. Qu’à cela ne tienne ! Nous profitons de l’exposition qui lui est consacrée jusqu’au 3 avril à la Galerie Stimultania à Strasbourg pour vous emmener à la rencontre d’un artiste polyvalent, animé par une curiosité sans bornes.

Knapp s’est surtout fait connaitre du grand public dans les années 60. Graphiste de formation, il occupera successivement le poste de directeur artistique des Galeries Lafayettes, puis du magazine Elle aux côtés de sa fondatrice Hélène Lazareff. On lui doit entre autres la typographie originale du titre et une iconographie révolutionnaire. Immergé dans l’univers de la mode, il se laisse en effet happer par la photographie. Son parti pris ? Le mouvement. Avec lui les mannequins vont enfin se libérer, elles bougent et font vivre les vêtements. Knapp affiche aussi sa prédilection pour les lignes géométriques. Sa préférée ? La diagonale qui insuffle le mouvement à l’image. C’est la mode toujours qu’il servira avec brio derrière la caméra pour le magazine télévisé Dim Dam Dom. L’exposition nous invite à replonger dans ces années mythiques. Un parcours passionnant, à cheval entre la mode et le cinéma, autre domaine qui a largement inspiré l’artiste, tant du point de vue formel que technique.

Lire la suite ...

La Grande-Bretagne défie la Cour européenne des Droits de l'homme

coe.jpgpar Julie Olivier

« La Grande-Bretagne devrait couper ses liens avec la Cour européenne des Droits de l'homme, qui est devenue trop expansionniste ». C’est en substance ce que dit Policy Exchange, un think tank britannique de centre-droit, dans un rapport publié le 7 février 2011.

D’après son auteur, Michael Pinto-Duschinsky, ancien conseiller au gouvernement, le Royaume-Uni est devenu un « sous-serviteur » des 47 juges strasbourgeois, qui n’ont « virtuellemet aucune légitimité démocratique ». Dans le préambule du rapport, Lord Hoffman, ancien membre de la Chambre des Lords, la plus haute instance judiciaire au Royaume-Uni jusqu’en 2009, explique que la Cour européenne des Droits de l'homme « s’est emparée d’un pouvoir extraordinaire de micro-contrôle des systèmes légaux des Etats membres ».

Ce débat sur la remise en cause de l’adhésion britannique à la Convention européenne des Droits de l'homme a été lancé par un arrêt de la Cour rendu en 2005. Le plaignant, John Hirst, était un prisonnier britannique condamné pour avoir tué sa propriétaire à coups de hache en 1979. La Cour avait alors estimé que l’interdiction faite aux prisonniers en Grande-Bretagne de participer aux élections était discriminatoire. Ce mois-ci, à 234 contre 22 voix, les députés britanniques ont refusé de changer la loi incriminée qui date de 1870. Westminster a seulement proposé d’accorder le droit de vote aux prisonniers qui purgeaient une peine depuis moins de quatre ans.

Le débat n’a pas cessé depuis. David Cameron, le Premier ministre britannique, a dit que les prisonners condamnés pour des crimes graves ne devraient pas avoir le droit de vote. En effet, ces prisonniers ont rompu le contrat social. Il est donc normal qu’ils perdent leur liberté et leur droit de vote.

Se retirer de la Convention européenne des Droits de l'homme ne signifierait pas que la Grande-Bretagne renierait les Droits de l'homme. Elle continuerait à prendre en compte des arrêts de la Cour et la Convention ferait toujours partie de ses textes constitutionnels. Cependant, les citoyens britanniques ne pourraient plus faire appel à la Cour, et les juges britanniques ne seraient plus liés par ses décisions.

Un retrait semble toutefois peu vraisemblable. Ce serait une sérieuse atteinte aux principes de l’Etat de droit, et cela diffuserait l’image d’un Etat paria qui se comporte de manière tyrannique. « Bien sûr la CEDH gêne les gens qui pensent que chaque juge britannique est parfait et ne fait jamais d’erreurs. Mais la justice et le respect de la loi sont plus forts si les citoyens sentent qu’il existe une procédure d’appel », selon Denis MacShane, ancien ministre des Affaires étrangères. Lord Carlile, responsable des lois antiterroristes au gouvernement britannique, ajoute toutefois que la Convention européenne des Droits de l'homme aurait besoin d’être révisée pour y inclure de nouveaux droits, notamment en ce qui concerne l’environnement, les consommateurs et l’internet.

Le rapport du think-tank Policy Exchange 

Ces brèves sont réalisées en partenariat avec la rédaction étudiante du Master Politiques Européennes de l’IEP de Strasbourg

CEDH Bilan 2010 : Le nombre total de requêtes continue d'augmenter

cedh_38747_03_137_2009-04-20.jpg
Par Anais Elbassil

La conférence de presse annuelle de la Cour européenne des Droits de l'homme a eu lieu le jeudi 27 janvier 2011. Le Président de la Cour, Jean-Paul Costa, s'est prononcé sur le bilan de l'année 2010, mais aussi sur l'avenir de la Cour.

Lire la suite ...

Demandeurs d'asile : la Grèce condamnée par la CEDH

cedh_DSC04090_383_2009-07-02.JPG
Par Julie Olivier

Un mur de barbelés équipé de caméras thermiques et de capteurs de présence est, selon le gouvernement grec, le meilleur moyen de limiter le flux d’immigrants d’ origines diverses en provenance de Turquie. L’annonce de la construction d’une clôture de 12,5 kilomètres à la frontière gréco-turque au début de l’année intervient alors que la Cour européenne des Droits de l’Homme vient de condamner la Grèce sur les conditions d’accueil d’un demandeur d’asile.

Ce ressortissant afghan était arrivé sur le territoire de l’Union européenne par la Grèce et avait introduit une demande d’asile en Belgique en 2009. En vertu du règlement Dublin II, qui stipule que la demande d’asile doit être examinée par l’Etat dans lequel l’immigré est entré sur le territoire de l’Union européenne, les autorités belges avaient alors demandé à la Grèce de prendre en charge cette demande. Sans tenir compte des recommandations du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (HCR) de suspendre les transferts vers la Grèce en raison de défaillances des conditions d’accueil à l’asile, la Belgique a alors renvoyé en Grèce l’immigré afghan. Ce dernier a été détenu, pendant trois jours, à Athènes, dans un local attenant à l’aéroport, avant de recevoir une carte de demandeur d’asile et d’être libéré. A partir de cette date, il a vécu dans la rue, sans moyens de subsistance.

Dans son arrêt rendu le 21 janvier, la Cour a ainsi condamné la Belgique et la Grèce pour violation de l’article 3 relatif à l’interdiction des traitements inhumains et dégradants, et de l’article 13 relatif au droit à un recours effectif de la Convention Européenne des Droits de l'homme. En effet, la Cour a jugé que la Belgique aurait dû ne pas expulser le requérant vers la Grèce. De fait, une fois en Grèce, le requérant a été détenu dans un centre insalubre et surpeuplé, avant de vivre dans le dénuement le plus total, sans disposer des garanties nécessaires pour se protéger d’un refoulement, en raison d’une information insuffisante sur les procédures à suivre, d’un système de communication avec les autorités grecques défaillant et d’un défaut d’assistance judiciaire.

Depuis cet arrêt, les transferts de demandeurs d’asile vers la Grèce ont été suspendus par plusieurs pays dont la Belgique, la Suisse et l’Allemagne. Quant à la Grèce, elle reste incapable de faire face aux nombreuses demandes d’asile. L’arrivée de clandestins depuis la Turquie a en effet augmenté de 372% en un an. L’année dernière, 128 000 migrants sont arrivés en Grèce au total. A défaut de laisser la Grèce construire un mur à ses frontières, l’Union européenne pourrait approfondir son régime d’asile et renforcer son dialogue avec la Turquie sur ce sujet.

Ces brèves sont réalisées en partenariat avec la rédaction étudiante du Master Politiques Européennes de l’IEP de Strasbourg
Crédit photo : CEDH © 2009

Des lauriers pour la Présidence belge

pict_20110114PHT11744.jpg
Par Julie Olivier

La loi controversée sur les médias en Hongrie, pays qui vient d’entamer sa présidence semestrielle du Conseil de l’Union européenne, a occupé le devant de la scène lors de la session plénière de janvier du Parlement européen. Pourtant, la venue des eurodéputés à Strasbourg a aussi été l’occasion de dresser le bilan de la dernière présidence : couronnée de succès, la Présidence belge a été érigée en modèle malgré sa crise interne

Lire la suite ...

Quelle Europe dans le monde ?

2010_1410_ashton_clinton_en.jpg
Par Julie Olivier

Organisée par les étudiants du Master Politiques Européennes de l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg, une conférence intitulée « Quelle Europe dans le monde ? L’Europe face aux défis géopolitiques du XXIe siècle » s’est tenue au Club de la Presse, le 19 janvier dernier. Cette conférence a, dans sa première partie, abordé le sujet du nouveau Service Européen d’Action Extérieure. Parmi les intervenants se trouvaient MM. Mangenot, Lefebvre et Gonzato, respectivement Directeur adjoint du Groupe de Sociologie Politique Européenne (PRISME) , Directeur des relations internationales à l’Ecole Nationale d’Administration, et Directeur de la Commission des affaires étrangères au secrétariat du Parlement européen.

Lire la suite ...

Le Président du Parlement européen à l’ENA

Jerzy_Buzek_-_Official_photo_0_1-1.jpg
Par Julie Olivier

Jerzy Buzek, le président du Parlement européen, s’est rendu à l’Ecole Nationale d’Administration à Strasbourg, le 18 janvier dernier, pour le lancement de la promotion Marie Curie. L’occasion de faire le point sur les avancées du traité de Lisbonne et de « briefer » ceux qui incarnent la future élite européenne.

Lire la suite ...

« SHAKE UP EUROPE ! » La première rencontre des médias citoyens européens à Strasbourg

10_ans.jpg Du 29 janvier au 1er février à Strasbourg, cafebabel.com organise Shake up Europe ! La première rencontre des médias citoyens européens. Ils sont jeunes, associatifs, souvent multilingues, et ont tous comme point commun de parler d’Europe en donnant la parole aux citoyens. A l’occasion de son dixième anniversaire, cafebabel.com réunit 45 participants venus des quatre coins de l’Europe et représentant 10 structures médias indépendantes, pour 4 journées de rencontre, d’échange de bonnes pratiques et de débats.

Lire la suite ...

Magna Hungaria, ou La loi sur la double nationalité

utlevelPar Ivanna Pyniak

A 20 km de Budapest dans la petite ville de Saint André, se trouve le musée de massepain, unique en Europe. A côté des bustes des figures éminentes de l’histoire et de la maquette du parlement hongrois modelés en pâte d’amande, dès l’entrée l’œil capte une autre pièce d’exposition : la carte « Magna Hungaria ». Le touriste y découvre les contours vaguement dessinés des frontières actuelles du pays, entourés par les anciens territoires hongrois, mais appartenant aujourd’hui aux pays riverains. En vertu des traités signés à l’issue de la 1ère guerre mondiale, la Hongrie a perdu 2/3 de son territoire. En mai 2010, le parti au pouvoir fort d’une majorité parlementaire des 2/3 a essayé de ‘réparer ces injustices’.

Lire la suite ...

La présidence hongroise vue par les députés slovaques

IMG_0481.JPGPropos recueillis par Maria Kozarova

Les Hongrois ont en partage avec les Slovaques un passé turbulent. Les seconds ont fait partie de la Grande Hongrie pendant près de mille ans. La dissolution de cette monarchie multiethnique à la fin de la première guerre mondiale et la signature du traité de Trianon en 1920 ont fait émerger les Slovaques comme nation. Le sud de la Slovaquie est maintenant peuplé par une importante minorité hongroise et les Hongrois constituent 10% de la population slovaque. Depuis lors, les relations entre ces deux pays ont été marquées par des querelles nationalistes.

Lire la suite ...

Kinga Göncz : L’Europe ne dispose pas des procédures pour défendre son système de valeurs

Kinga_4_2_.jpg

Propos recueillis par Tania Gisselbrecht

Pour qui s’intéresse aux affaires européennes, impossible d’ignorer la polémique virulente qui agite le landerneau politique et médiatique européen au sujet de la Hongrie. L’adoption d’une loi destinée à encadrer les média a provoqué une levée de bouclier. Ses détracteurs n’y voit que le dernier avatar des velléités autocratiques du premier ministre ; pour les partisans du Fidesz, le parti au pouvoir, elle vise à améliorer l’efficacité et à la transparence de l’arsenal législatif. Alors que le premier ministre, Viktor Orbán présentait, dans un climat houleux, les priorités de la Présidence hongroise de l’UE aux Euro-députés, CaféBabel s’entretenait avec Kinga Göncz, députée hongroise S&D, Vice Présidente de la Commission LIBE (Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures), et ancienne ministre des affaires étrangères de Hongrie (2006-2009). Il s’agissait moins de revenir sur la controverse propre au contenu de la législation incriminée que de décrypter la situation politique interne de la Hongrie. Où l’on évoque la stratégie politique du Fidesz mais aussi les fragilités de l’architecture européenne.

Lire la suite ...

Loukachenko à l’UE : « Nous ne nous agenouillerons devant personne »

elections-bielorussie.jpgPar Tetiana Kudria

Le Parlement européen a débattu mercredi dernier de la situation en Biélorussie sur la base du rapport de Mme Catherine Ashton, la Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Ces débats ont précédé l’adoption d’une résolution renforçant les sanctions à l’encontre du régime et les mesures destinées au soutien de la société civile.

Rappelons que le 19 décembre 2010, le président sortant Loukachenko a remporté les élections présidentielles avec 80% des voix. Des milliers de manifestants ont immédiatement envahi la place principale de Minsk pour exprimer leur désaccord en demandant un recomptage transparent des bulletins. Plus de sept cents manifestants ont alors été placés en détention en raison de leur participation à ce mouvement de contestation. La plupart d’entre eux a été libéré après avoir porté plainte auprès de l’administration.

Lire la suite ...

Des traitements inhumains et dégradants dans les prisons françaises selon la Cour européenne des droits de l’homme

coe par Julie Olivier

La Cour européenne des Droits de l’Homme a condamné la France dans les affaires El Shennawy et Payet, jeudi 20 janvier. Dans les deux cas, la Cour a estimé que les articles 3 et 13 de la Convention européenne des Droits de l'homme avaient été violés par la France. L’article 3 interdit les traitements inhumains ou dégradants et l’article 13 correspond au droit à un recours effectif.

Dans l’affaire El Shennawy, le requérant avait été condamné en 1977 à la réclusion criminelle à perpétuité commuée en peine de vingt ans pour vol avec arme et séquestration de personnes. Il avait alors été enregistré au répertoire des « détenus particulièrement signalés » (DPS). Dans le cadre d’un autre procès à la Cour d’Assises en 2008, Philippe El Shennawy fut l’objet d’un dispositif exceptionnel de sécurité pour assurer sa comparution. Il a notamment été soumis à des fouilles corporelles intégrales, avec inspection visuelle anale, enregistrées par caméscope, répétées jusqu’à huit fois par jour, par des agents cagoulés de l’Equipe Régionale d’Intervention et de Sécurité (ERIS) pendant toute la durée du procès. Dans son arrêt de chambre, la Cour a jugé que ces fouilles étaient humiliantes et injustifiées, et que le requérant n’avait pas pu bénéficier de la possibilité de contester, par la voie du référé-liberté, ce régime de fouilles.

Dans l’affaire Payet, le requérant avait également été classé « détenu particulièrement signalé » (DPS) en 2001 suite à son évasion par hélicoptère de la maison d’arrêt d’Aix en Provence où il exécutait plusieurs peines criminelles, notamment pour le meurtre d’un convoyeur de fonds. Il fut alors soumis à des rotations de sécurité consistant à changer fréquemment son lieu de détention pour déjouer d’éventuels projets d’évasion. Après une seconde évasion en hélicoptère et son interception en Espagne, Pascal Payet fut soumis à 45 jours de détention au quartier disciplinaire de la prison de Fleury-Mérogis. Dans son arrêt de chambre, la Cour a jugé que les locaux étaient impropres à la détention d’un être humain, notamment pour des raisons de saleté, de vétusté, d’étanchéité et d’absence de lumière suffisante pour lire ou écrire. L’article 13 a également été violé puisque le détenu n’a pas pu bénéficier d’un recours effectif lui permettant de contester sa détention en cellule disciplinaire.

Au titre de la satisfaction équitable, la Cour a dit que la France devait verser 8 000 euros à Philippe El Shennawy et 9 000 euros à Pascal Payet pour dommage moral.

La révolution de jasmin : un rendez-vous raté pour le Parlement et pour les socialistes européens ?

Par Tania Gisselbrecht IMG_0477.JPG

La Révolution de Jasmin s’est invitée à l’ordre du jour de la première session de 2011 du Parlement européen (lundi 17 janvier). Si l’évènement a suscité une vague d’enthousiasme, notamment à travers le monde arabe, il aura aussi démontré, une fois de plus, les difficultés que l’Union européenne éprouve pour exister sur la scène internationale. On attendait du Parlement européen qu’il pousse la Commission à se positionner de manière un peu plus ambitieuse, comme cela avait été le cas après l’expulsion de Roms par la France. A cette occasion, l’intérêt des observateurs s’est aussi rapidement déplacé vers groupe Socialiste et Démocrate. CaféBabel participe au décryptage.

Le groupe des Verts avait proposé d’ inscrire à l’ordre du jour de la session un débat sur la révolution tunisienne en présence de la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères. Mise au vote, cette motion n’a pas recueilli le nombre de voix nécessaire, privant les députés de la possibilité d’adopter une résolution. Curieusement, ce sont les voix du groupe S&D qui ont fait défaut.

L’attitude des Socialistes a laissé bien des observateurs perplexes. Dès mardi soir, Jean Quatremer publiait sur son blog un post relatant les évènements de la journée. Il s’étonnait du fait que les socialistes aient pu joindre leurs voix à celles du PPE et concluait à « l’honneur perdu des socialistes européens ».

Lire la suite ...

Un téléchargeur de musique condamné en France saisit la Cour Européenne des Droits de l’Homme

Christa Ludwig 36032_56

Après avoir été condamné à payer 20 000 euros de dommages et intérêts à la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique) et à la SDRM (Société pour l’administration du Droit de Reproduction Mécanique) pour avoir téléchargé illégalement plus de 10 000 chansons, James Climent a décidé de saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Suite à sa double condamnation en France pour téléchargement illégal de musique, cet habitant du Gard de 38 ans a décidé de porter l’affaire devant la Cour de Strasbourg, affirmant que « L’Europe a son mot à dire sur la manière dont la France traite ceux qui téléchargent ».

Il aura fallu à la SACEM et à la SDRM cinq ans d’acharnement pour obtenir sa condamnation. Au cours de l’intervention de la gendarmerie à son domicile parental (près de Nîmes), 13 788 fichiers mp3 téléchargés illégalement avaient été découverts sur le disque dur de son ordinateur.

Si la Cour ne se prononcera pas sur la question de la légalité ou non du téléchargement par Internet, elle évaluera par contre le caractère équitable (ou non) du procès de Monsieur Climent. Il existe en effet de graves doutes à ce niveau, dans la mesure où il a été condamné deux fois pour les mêmes faits, et ce alors qu’il n’existait pas encore de jurisprudence claire en la matière. Le requérant n’a d’ailleurs jamais caché son sentiment d’avoir été traité comme un ‘vulgaire criminel’ et d’avoir constitué un bouc émissaire pour la justice française.

Confiant par rapport au verdict de la Cour, il affirme n’être absolument pas prêt à s’acquitter de la somme requise, il s’assure d’ailleurs que son compte en banque reste vide. En guise d’ultime pied-de-nez destiné à la justice française, il souhaite se reconvertir dans le téléchargement illégal de films …

La Tunisie et le statut de « partenaire pour la démocratie » du Conseil de l’Europe

par Anais Elbassil coe.jpg

Le Président de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) M. Çavusoglu a exprimé lors de sa visite officielle en Tunisie du 10 au 12 janvier, sa profonde inquiétude face aux émeutes et appelle les autorités à agir de manière plus raisonnée dans la gestion des tensions.

En effet, depuis près de quatre semaines maintenant, tout un pays s'insurge contre le régime du Président Ben Ali. Selon la présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH) plus de 66 civils auraient déjà été tués lors de violentes altercations entre manifestants et forces armées.

Sur place, le Président de l'APCE s'est dit préoccupé par la radicalisation des mesures répressives décidées par le pouvoir et l'appelle à " gérer la crise de manière responsable, conformément aux normes du Conseil de l’Europe". Après avoir insisté sur certains principes de base de la démocratie, les libertés d'expression et de réunion notamment, il a souligné l'impératif de transparence et sollicité les autorités à mener une enquête approfondie sur ces événements afin de donner le plus d'informations possible à la population.

Pourtant et en parallèle, M. Çavusoglu a, lors d'entretiens, évoqué avec les représentants du Parlement tunisien la possibilité d'une coopération approfondie avec l'APCE, sous la forme de l'acquisition du statut de "partenaire pour la démocratie ". Ce nouveau statut, déjà sollicité par les "chambres" marocaines et palestiniennes, doit être attribué aux pays voisins partageant les valeurs défendues par le Conseil de l'Europe et souhaitant renforcer leur coopération.

Dans cette période de crise M. Çavusoglu a ainsi rappelé que " la société tunisienne est moderne, tolérante, instruite et le pays le plus avancé du monde arabe dans le domaine des droits des femmes ", sans manquer de souligner pour autant que selon lui elle "est encore loin de satisfaire pleinement à toutes les exigences du statut de partenaire, notamment en ce qui concerne les institutions démocratiques, les droits de l'homme et l’Etat de droit".

Ces brèves sont réalisées en partenariat avec la rédaction étudiante du Master Politiques Européennes de l’IEP de Strasbourg

CaféBabel Strasbourg choisit Eva Joly comme personnalité de l'année 2011

par Claudine Girod eva_joly_2011.jpg

Sollicitée par la rédaction centrale européenne de CaféBabel.com pour désigner sa personnalité de l'année 2011, l'équipe Strasbourgeoise joue le jeu et présente ses arguments pour étayer le choix d'une Eurodéputée hors système qui transcende les clivages traditionnels et qui compte, à travers sa candidature à l'élection à la présidence de la République française, porter l'espoir d'une autre manière de faire de la politique.

Pourquoi Eva Joly?

D'abord, parce que cette Eurodéputée s'engage dans la campagne présidentielle française contre vents et marées. Une aventure dans laquelle elle n'a rien à gagner et bien des coups à prendre. Pour mener ce combat, elle paraît "exceptionnellement peu outillée" -elle le concède - face aux machines à gagner les élections que sont devenus les partis politiques traditionnels. Mais voilà un enjeu démocratique qu'elle entend bien relever, loin de la politique spectacle et des "spins doctors". Femme, bi-nationale, taxée "d'écologiste de la dernière pluie" au sein de son propre mouvement Europe-Ecologie-Les Verts, elle semble cumuler tous les handicaps. Et si justement, dans un contexte global de défaillance des élites, ces handicaps se révélaient des atouts?

Lire la suite ...

Philippe Séguin et « Nous »

par Guillaume Delmotte seguin_article.png

Nous commémorons ces jours-ci la disparition de Philippe Séguin. CaféBabel Strasbourg entend participer à la réflexion sur le sens de cet évènement et de sa commémoration. L’émotion suscitée par sa mort le 7 janvier 2010 interroge l’identité et la culture politiques de la France d’aujourd’hui, à l’aune de la tradition qu’il incarnait : le gaullisme.

Le parcours politique de Philippe Séguin connut son apogée, on le sait, lors du débat référendaire relatif à l’adoption du Traité de Maastricht – nous nous souvenons du face-à-face télévisé très policé qu’il eut avec François Mitterrand à la Sorbonne en septembre 1992. Héraut du « non », partisan du maintien de « l’indépendance » et de la « souveraineté » de la France, il représenta, contre une partie de ses propres « amis » politiques, l’héritage de la pensée gaullienne face à « l’européisme » auquel s’étaient convertis nombre de dirigeants du RPR d’alors, à commencer par Jacques Chirac lui-même. Toutefois, le « séguinisme » - si « séguinisme » il y eut – ne survécut pas après que son inspirateur ait quitté la scène politique.

Né en Tunisie – alors protectorat français – en 1943, d’un père qui mourut un an plus tard dans les combats de la Libération et d’une mère institutrice, pupille de la Nation, Philippe Séguin, comme le rappelle Françoise Fressoz (Le Monde, 7 janvier 2011), incarna aussi le « modèle républicain » : sorti de l’ENA en 1970, il termina sa carrière professionnelle en tant que Premier président de la Cour des comptes. La France ne manque pas de grands commis de l’Etat issus de la méritocratie républicaine. En quoi la disparition de Philippe Séguin et sa commémoration résonnent-elles de façon si particulière dans la France de Nicolas Sarkozy ?

Lire la suite ...

Le Conseil de l’Europe très préoccupé par l’affaire Vardanyan

Par Maria Kozarova Conseil_Europe_60ans.jpg

Le Conseil de l’Europe est très préoccupé par le sort du journaliste Ernest Vardanyan, par les conditions de son procès et la condamnation très sévère qui lui a été infligée dans la région transnistrienne de la République de Moldova.

Le journaliste Ernest Vardanyan, un observateur international indépendant travaillant pour l’agence russe Novuy Region (Nouvelle Région), a été arrêté en Transnistrie et ensuite déclaré coupable de « haute trahison sous forme d'espionnage » en avril 2010. La Transnistrie est une région (4000 km²) de la Moldavie, république autoproclamée depuis 1991 sous occupation russe, non reconnue internationalement. Sa frontière est protégée par des tanks et des soldats armés. Selon le Code pénal de Transnistrie, la peine encourue par M. Vardanyan est de vingt ans d’emprisonnement. « Depuis son arrestation à Tiraspol, le Conseil de l’Europe suit et continuera à suivre cette affaire », a déclaré le 21 décembre la Secrétaire Générale adjointe du Conseil de l’Europe, Maud de Boer-Buquicchio.

Le procès de M. Vardanyan intervient alors que le Conseil de l’Europe intensifie son engagement en faveur d’un climat de confiance dans cette région qui demeure un « trou noir » aux portes de l’Europe. Le Conseil de l’Europe est prêt à poursuivre ses efforts, mais considère aussi que ceux-ci devraient s’accompagner de progrès tangibles, bénéficiant à tous les habitants de la région transnistrienne, dans le respect des normes du Conseil de l’Europe en matière de démocratie, de droits de l’homme et de primauté du droit.

Ces brèves sont réalisées en partenariat avec la rédaction étudiante du Master Politiques Européennes de l’IEP de Strasbourg

- page 2 de 19 -