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  <title>Le CLANdestin européen</title>
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  <description>L'Europe vue par Café Babel Strasbourg</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 20 Jan 2012 10:56:18 +0100</pubDate>
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    <title>« Orbán » bien qui rira le dernier</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2012/01/20/%C2%AB-Orb%C3%A1n-%C2%BB-bien-qui-rira-le-dernier</link>
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    <pubDate>Fri, 20 Jan 2012 11:56:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Sessions plénières à Strasbourg</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/orban1.jpg&quot; alt=&quot;orban1.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;orban1.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;em&gt;Par Lucie Dupin, le 18 janvier 2012&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le bruit courait depuis le début de cette session plénière. La Hongrie s’est invitée au Parlement européen ce mercredi. La procédure en infraction lancée par la Commission européenne sur les lois constitutionnelles hongroises*, a semblé susciter l’étonnement du Premier ministre hongrois Viktor Orbán. Preuve en est, il a adressé une lettre au Commissaire Barroso, se disant ouvert à des négociations.
Récit d’un débat houleux dans l’hémicycle.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;15h15 ce mercredi après-midi&lt;/strong&gt;, alors que les députés européens terminent l’élection des questeurs, Martin Schulz, fraîchement élu président du Parlement, annonce la venue du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán. L’Allemand social-démocrate invite les députés ne souhaitant pas participer au débat à quitter l’hémicycle. Un flot se retire progressivement. Nicolai Wammen, Ministre des affaires étrangères danois, représentant la présidence du Conseil, est invité à prendre la parole en premier. Appuyer le rôle de la Commission, gardienne des Traités, dans sa procédure en infraction et intérêt commun à ce que la Hongrie respecte l’Etat de droit sur le fondement de l’idée européenne. Voilà ce qui ressort de cette première intervention. Du côté de la Commission, « clarté sur les valeurs et fermeté sur les principes » semble être le Credo de la journée pour le Président Barroso. Quelques jours plus tôt, Thorbjørn Jagland, le Secrétaire général du Conseil de l’Europe avait également réagi à la situation en suggérant une analyse des textes législatifs concernés, par des experts compétents du Conseil de l’Europe. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S’en suit alors un ballet d’interventions et questions-réponses musclées&lt;/strong&gt; dans les rangs des députés, à commencer par les présidents de groupes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est vite reproché au groupe majoritaire PPE, dont est membre le parti hongrois du Fidesz, son silence assourdissant. Son président, Jospeh Daul, s’en remet aux analyses de la Commission sur ces lois cardinales controversées. Pour certains, la prise du pouvoir de Viktor Orbán au printemps 2010, marquerait le début d’un processus de sortie de la dernière constitution communiste encore en place en Europe. Jusqu’à ces réformes constitutionnelles, le pays vivait encore sous une constitution adoptée en 1949. Pour le président du groupe des sociaux démocrates, l’autrichien Hannes Swoboda, la Hongrie, entrée dans l’UE en 2004, n’y trouverait plus sa place si l’adhésion devait se discuter aujourd’hui avec ces nouvelles lois.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le libéral Guy Verhofstadt, Président du groupe ALDE plaide à nouveau en faveur de l’application de l’article 7 du Traité de l’UE, estimant que la situation ne peut plus se contenter d’avancer par échange de lettres et mises en demeure. La gauche européenne se rallie à cette prise de position.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour les Verts, Daniel Cohn-Bendit tient son rôle de tribun, interpellant l’assemblée croyant : &lt;em&gt;« rêver car toute l’opinion de l’Union européenne a mal à la tête. L’Union européenne n’est pas un paillasson sur lequel on s’essuie les pieds mais une maison à construire ».&lt;/em&gt; Le renouvellement de la constitution en Hongrie serait ainsi souhaitable &lt;em&gt;« mais il peut aller dans la mauvaise direction, celle des Chavez et Castro »&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un défilé de « cartons bleus » s’invite dans ce débat&lt;/strong&gt;, procédure qui permet aux eurodéputés de demander la parole et poser une question après l’intervention d’un de leur collègue.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’hémicycle se scinde vite en deux, entre une droite prenant majoritairement position pour le cas hongrois, et une gauche virulente.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A mi-parcours, Martin Schulz appelle au respect des temps de parole, qu’il a, jusque-là, laissé quelque peu déborder. Le débat devait durer une heure et demi, trois heures auront été nécessaires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/orban2.jpg&quot; alt=&quot;orban2.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;orban2.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Orbán prêt à écouter l’Europe ?&lt;/strong&gt;
Plus tard en fin de journée, lors de la conférence de presse, Viktor Orbán a regretté le nombre d’erreurs et incompréhensions brandies dans les arguments des eurodéputés opposés à ces lois. Le Premier ministre hongrois les invite à les lire. Et à un journaliste l’interpellant sur sa personnalité très calme lors du débat dans l’hémicycle, le Premier ministre répond même qu’il serait dans la coutume hongroise de comprendre son interlocuteur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une écoute qu’il faudra alors mobiliser ce mardi, pendant le tête-à-tête Barroso-Orbán, sur fond de discussion entre l’esprit de la législation hongroise et l’Union européenne.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;em&gt;* Les trois procédures en infraction concernant l’indépendance de la Banque centrale hongroise, l’âge de départ à la retraite des juges et les nominations à l’autorité de supervision pour la protection des données.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Crédit photos :  Copyright © European Union 2012 PE-EP Right Usage Terms&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Rencontre avec Martine Gozlan vendredi 13 janvier à 17h à la Libraire Kléber</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2012/01/09/Rencontre-avec-Martine-Gozlan-vendredi-13-janvier-%C3%A0-17h-%C3%A0-la-Libraire-Kl%C3%A9ber</link>
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    <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 21:53:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.gozlan_s.jpg&quot; alt=&quot;gozlan.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;gozlan.jpg, janv. 2012&quot; /&gt; Rencontre avec &lt;a href=&quot;http://www.marianne2.fr/martinegozlan/&quot;&gt;Martine Gozlan&lt;/a&gt;, grand reporter à l'hebdomadaire Marianne, auteur de &lt;em&gt;L'imposture Turque&lt;/em&gt; (Grasset), un évènement organisé par la &lt;a href=&quot;http://www.librairie-kleber.com/&quot;&gt;Librairie Kléber&lt;/a&gt; et animé par Cafébabel Strasbourg.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>L’activiste Ahmed el-Senussi : prince libyen et héros des droits de l’homme</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2012/01/04/L%E2%80%99activiste-Ahmed-el-Senussi-%3A-prince-libyen-et-h%C3%A9ros-des-droits-de-l%E2%80%99homme</link>
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    <pubDate>Wed, 04 Jan 2012 21:13:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.20111214_2011_Sakharov_Prize_061___Large__s.jpg&quot; alt=&quot;20111214_2011_Sakharov_Prize_061___Large_.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;20111214_2011_Sakharov_Prize_061___Large_.jpg, janv. 2012&quot; /&gt;&lt;em&gt; Par Pim de Kuijer, Traduction : Emmanuelle.M&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avec la mort de Vaclav Havel et Kim Jung-Il à quelques jours d’écart seulement, c’est comme si des postes avaient été laissés vacants aux deux extrémités du spectre du Bien et du Mal. Qu’ont fait d’un côté un grand défenseur de la démocratie et des droits de l’homme et de l’autre un despote perturbé ? Les historiens et les psychologues le détermineront. Mais il demeure difficile de trouver des candidats suivant les traces d’Havel : quel meilleur endroit pour commencer à chercher que la cérémonie de remise du prix Sakharov pour la liberté de pensée ?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le prince au petit pois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nommé ainsi d’après le célèbre dissident soviétique et activiste des droits de l’homme, le prix est un évènement annuel depuis 1998 organisé par le Parlement européen pour honorer ceux qui se sont battus pour les droits de l’homme – et qui en ont payé le prix. Parfois, tel que dans le cas de Mohammed Bouazizi, c’est un prix à titre posthume. Bouazizi, l’un des lauréats du prix Sakharov cette année, est mort après s’être immolé par le feu pour protester contre le régime de Ben Ali en Tunisie. Là où il a sans aucun doute lancé le printemps arabe, d’autres ont traversé la région portée par la flamme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cinq d’entre eux ont été choisis cette année pour le prix Sakharov, dont le prince libyen Ahmed el-Senussi. Un des plus anciens prisonniers politiques du monde, ce parent a la voix douce a 77 ans et a passé 31 années de sa vie dans une prison du colonel Kadhafi avec une peine de mort planant en permanence sur lui. Désormais il doit participer à quarante interviews individuelles dans la journée, assister à une conférence de presse et prononcer un discours aux membres du Parlement, qui lui ont tous fait une standing ovation. Tous, à l’exception des membres du parti d’extrême-droite néerlandais, le Parti pour la liberté, dirigé par Geert Wilders. Le prince est musulman après tout. Cela conduira à un petit scandale sur Twitter et dans la presse néerlandaise. Mais el-Senussi se contente de l’ignorer avec une certaine dignité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;« Je veux la réconciliation en Libye », déclare le prince, les mains jointes avec soin sur ses genoux. « Ceux en Libye qui ont commis de sérieux crimes devraient avoir un procès équitable, mais seulement eux. Les gens ont renversé le dictateur avec l’aide de l’Europe, mais il n’y avait pas de guerre entre les gens, pas de guerre civile. Seulement une lutte contre le régime. La Libye est une grande famille. » Le prince el-Senussi pointe les femmes et les jeunes comme deux des principales forces agissantes derrière le soulèvement. Bien qu’ils avaient beaucoup à perdre, ils ont défendu le bon combat et ont fait d’immenses sacrifices. Selon le prince, cela devrait se traduire par l’augmentation des droits politiques des femmes sous le nouveau régime. « Les jeunes ont fait trop de sacrifices – et pas seulement pendant le printemps arabe, qui était sur toutes les télévisions. Quand j’étais en prison, 1 200 jeunes éduqués furent exécutés en l’espace d’une journée. Et ce, dans la même prison. Nous les entendions crier, mais les médias ne l’ont jamais rapporté, personne en Occident n’en a jamais entendu parlé. » Pourtant, le prince est heureux du rôle des médias occidentaux – aussi bien les nouveaux que les anciens – joué dans la récente lutte en Libye. Les jeunes devraient avoir la garantie d’un accès libre aux médias sociaux comme Facebook ou Twitter, que le prince considère comme « une partie de la démocratie. »&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;« Quand j’étais en prison, 1 200 jeunes éduqués furent exécutés en l’espace d’une journée. Et ce, dans la même prison »&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Modestement, le prince reconnaissant montre son prix Sakharov comme un symbole de la fin de l’isolement de la Libye, plutôt que comme son trophée personnel. Pourtant, il reconnaît que les Libyens sont heureux que ce prix lui soit remis. Il cite Nelson Mandela comme modèle : comme lui, le prince el-Senussi a trouvé la force en prison. « Nous ne perdions pas espoir. Je n’abandonnais pas ma dignité humaine. Nous pensions toujours que nos rêves deviendraient réalité, que nous verrions ce jour-là nous-mêmes. Maintenant, la liberté a finalement était atteinte. Si je pouvais rester optimiste en prison, je peux certainement l’être actuellement. » Il en va de l’avenir de la Libye comme de sa vie personnelle : il a appris que sa femme était morte lorsqu’il était en prison. Désormais, le prince représente activement les droits des prisonniers politiques dans le gouvernement de transition de la Libye. Il a seulement un message pour l’Europe et sa moustache grise tremble quand il dit ceci : « Nous ne sommes pas des terroristes, juste parce que nous sommes musulmans. Ne nous traitez pas comme tels. » Comme Havel avant lui, il sait qu’avec la liberté viennent les responsabilités.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Crédit photo: Caption Sakharov Prize 2011, 14/12/2011 IPTC Copyright © European Union 2011 PE-EP Right Usage Terms&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Quand la liberté de pensée des activistes arabes est récompensée au Parlement européen</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/12/19/Quand-la-libert%C3%A9-de-pens%C3%A9e-des-activistes-arabes-est-r%C3%A9compens%C3%A9e-au-Parlement-europ%C3%A9en</link>
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    <pubDate>Mon, 19 Dec 2011 10:23:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/Sakharov_Prize_2011.jpg&quot; alt=&quot;Sakharov_Prize_2011.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Sakharov_Prize_2011.jpg, déc. 2011&quot; /&gt;&lt;em&gt;Par Lucie Dupin&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’année 2011 aura été marquée par le printemps arabe. S’il a secoué les rives sud de la Méditerranée, l’Union européenne n’est pas restée indifférente aux mouvements de soulèvement contre les régimes dictatoriaux. A travers la remise du prix Sakharov pour la liberté de pensée le 14 décembre dernier, c’est sur une reconnaissance officielle et solennelle que se positionne le Parlement européen.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le prix Sakharov, équivalent du Nobel de la Paix européen, a distingué cinq activistes des révolutions arabes. Ainsi, Mohammed Bouazizi s’est immolé par le feu en décembre 2010, l’un des actes déclencheurs de la révolution du Jasmin en Tunisie, la cyber-militante égyptienne Asmaa Mahfouz a su utiliser les médias sociaux pour mobiliser les esprits et les foules, Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi, aujourd’hui l’un des nouveaux leaders libyens, a passé 31 ans en prison lors de son opposition au régime de Kadhafi, Razan Zeitouneh est avocate en Syrie, recherchée par la police secrète et Ali Farzat est un caricaturiste syrien. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Parmi les lauréats, deux femmes représentent la nouvelle génération. Pour le président du Parlement européen Jerzy Buzek, cette distinction « incarne le combat pour la défense des droits de l’Homme », tout en reconnaissant « le rôle décisif des femmes joué dans le printemps arabe ». &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le lauréat libyen a insisté sur la valeur morale de ce prix, qui traduit « l’importance que l’Europe donne à la liberté » et a remercié les voisins immédiats de la Libye pour leur prise de position. Il est conscient de la résonnance de ce prix dans son pays et espère qu’il s’accompagnera des changements cruciaux et nécessaires. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A la pluralité des situations, quelles réponses du Parlement européen ? &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A travers cette remise de prix, les lauréats saluent ainsi largement l’engagement de l’Union européenne. Selon l’eurodéputée Barbara Lochbihler, présidente de la sous commission Droits de l’Homme au Parlement européen, cet accompagnement de l’Union européenne pourrait se traduire par « une aide logistique afin de maintenir la communication des opposants qui savent utiliser les technologies mais n’en disposent pas toujours, particulièrement en Syrie ». &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’absence des lauréats syriens, retenus dans leur pays, rappelle la diversité des degrés de transition des régimes. Le caricaturiste a néanmoins adressé un message vidéo de remerciements aux Eurodéputés. Une vidéo qui, tout comme pour les lauréats présents, a été accueillie chaleureusement par l’hémicycle strasbourgeois. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans le cas syrien, la chercheuse Khadija Mohsen-Finan, politologue à Paris VIII et membre de l’Institut de Recherche internationale et stratégique (IRIS), estime que « le Parlement européen ne peut agir seul tant qu’il existera un problème de lisibilité dans la société civile et un manque de politiques claires ».
On parle ainsi de révolutions ou de printemps arabes, à décliner au pluriel tant les situations  en sont à des stades divers et complexes. Un point commun néanmoins, sur lequel s’accordent les deux générations lauréates : le rôle des journalistes et médias étrangers dans la transmission des images des événements et des crimes des régimes militaires. Là encore Al Sanussi parle d’un « soutien moral ». &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/Asmaa_mahfouz.JPG&quot; alt=&quot;Asmaa_mahfouz.JPG&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Asmaa_mahfouz.JPG, déc. 2011&quot; /&gt;Pour la jeune égyptienne Asmaa Mahfouz enfin, les médias sociaux ont été une source d’information pour permettre de fédérer les participants du soulèvement dans le monde réel. Elle se dit optimiste pour l’avenir du mouvement qui continue, mais aussi pour l’avenir de son pays. Actuellement sous la houlette du régime militaire, l’Egypte a mené début décembre des élections dont les partis islamistes sortent vainqueurs. Si ces résultats interpellent les Occidentaux, Barbara Lochbihler appelle à « établir un distinguo. Le Parlement européen ne peut exiger les résultats des élections. L’après Franco a demandé dix ans à un pays européen pour un retour à un climat apaisé ». L’Eurodéputée demande ainsi « de la patience face aux changements ». Une mise en garde donc, pour ne pas appliquer le prisme de lecture européen fondé sur la séparation du séculier et du religieux aux situations diverses dans le monde arabe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Crédit photo:&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Headline Asmaa MAHFOUZ, EP President Jerzy BUZEK, Ahmed EL SENUSSI Caption Sakharov Prize 2011, press conference Event Date 14/12/2011 IPTC Copyright © European Union 2011 PE-EP Right Usage Terms&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Photo d’Asmaa Mahfouz : Lucie Dupin&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Alsace-Maghreb : histoire de migrations croisées</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/11/25/Alsace-Maghreb-%3A-histoire-de-migrations-crois%C3%A9es</link>
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    <pubDate>Fri, 25 Nov 2011 18:34:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;Le Festival Strasbourg-Méditerranée se tiendra cette année du 26 novembre au 10 décembre. Cette 7ème édition s’articule autour du thème &quot;Exils&quot;.&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/affiche2011.png&quot; alt=&quot;strasmed&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;strasmed, nov. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Média européen et d’implantation locale, CaféBabel Strasbourg renouvelle en 2011 sa participation au festival et organise, en partenariat avec la Bibliothèque alsatique du Crédit Mutuel, une  rencontre-débat intitulée « Alsace-Maghreb : histoires de migrations croisées » le Jeudi 1er décembre 2011 à 18H30.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;L’histoire qui lie ces deux territoires est ancienne. Faite de relations diplomatiques et militaires dès le XIXe siècle, d’échanges économiques et culturels tout au long des périodes mouvementées du XXe siècle, celle-ci témoigne aussi d’une compréhension mutuelle et d’une empathie réciproque. La rencontre donnera la parole à des historiens qui, au travers de cas signifiants de cette mémoire partagée, illustreront les multiples facettes du dialogue entre les cultures maghrébine et alsacienne. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Dans cette même perspective historique, la discussion abordera la question de la réception des Alsaciens au Maghreb et des Maghrébins en Alsace, ainsi que des apports réciproques pour le développement des territoires. Car si l’exil, choisi ou forcé, a façonné ces liens historiques, il a pesé, et pèse encore, sur les représentations collectives de l’exilé dans chacune des deux sociétés concernées. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Le questionnement du poids de l’histoire dans la perception des phénomènes migratoires invite également à ouvrir le débat sur l’actualité. Dans quelle mesure le printemps arabe affectera-t-il la perception de l’Autre de part et d’autre de la Méditerranée ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;Intervenants :
M.	Claude Muller, Directeur de l’Institut d’Histoire d’Alsace, Université de Strasbourg&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mme Segolène Plyer, Maître de conférences en Histoire contemporaine, Université de Strasbourg &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;M.	Jean-Pierre Verdier, Directeur du Syndicat mixte MÉMORIAL d’Alsace-Lorraine, Schirmeck &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Animation :
CaféBabel&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Accès dans la limite des places disponibles et sur réservation uniquement &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par téléphone : 03 88 14 72 55&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par fax : 03 88 14 72 60&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par courriel : bacm@creditmutuel.fr&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;Plan d'accès  : http://www.strasmed.com/2011/StrasMed-lieux#geolocalisation&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Site et programme complet du festival Strasmed  : http://www.strasmed.com&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>La Palestine compte sur le soutien de l’Europe</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/10/07/La-Palestine-compte-sur-le-soutien-de-l%E2%80%99Europe</link>
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    <pubDate>Fri, 07 Oct 2011 15:30:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Sessions plénières à Strasbourg</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/M_Abbas.JPG&quot; alt=&quot;M_Abbas.JPG&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;M_Abbas.JPG, oct. 2011&quot; /&gt;&lt;em&gt;Par Tania Gisselbrecht&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le Conseil de l’Europe déroulait hier le tapis rouge pour Mahmoud Abbas. Deux semaines après avoir officiellement sollicité auprès des Nations Unies la reconnaissance du statut de membre de plein droit, c’est-à-dire en pratique la reconnaissance de l’Etat palestinien, le président de l’autorité palestinienne est en tournée européenne. Il tente de persuader d’autres organismes internationaux d’accueillir la Palestine en leur sein. UNESCO, OMC, Conseil de l’Europe. L’objectif affiché de cette stratégie diplomatique tous azimuts ? Relancer un processus de paix enlisé.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Dans son discours devant l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), le président Abbas a rappelé que son  « peuple attend ce qui lui est dû. Mais combien de temps doit-il attendre? ». Et la fin de son allocution a mis les Européens au pied du mûr : « La Palestine demande la liberté et la fin de l’occupation. Nous méritons votre soutien. Nous comptons sur vous et sommes confiants : vous ne nous abandonnerez pas à notre sort ». « Vous avez soutenu le printemps arabe, l’heure du printemps palestinien a sonné. Vous avez dit que vous étiez prêts à nous reconnaître en temps voulu. Ne pensez-vous pas que c’est maintenant le temps opportun ? »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Appel entendu par le Conseil de l’Europe : une résolution adoptée deux jours plus tôt a octroyé à l’autorité palestinienne  le statut de partenaire pour la démocratie. Jusqu’à présent, seul le Maroc bénéficie de ce statut qui autorise une délégation parlementaire à siéger aux côtés de ses homologues européens de l’APCE. Privés du droit de vote, les représentants parlementaires pourront néanmoins s’exprimer lors des sessions de l’assemblée. Ce statut créé en 2009 pour renforcer l'Etat de droit dans les pays voisins du continent européen doit permettre un accompagnement des institutions palestiniennes sur le chemin de la démocratisation.  Le défi est de taille pour l’autorité palestinienne car l’obtention du statut a été assortie de conditions strictes dont la réalisation sera suivie de près par l’APCE (cf. point 12 de la &lt;a href=&quot;http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/AdoptedText/ta11/ERES1830.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;résolution&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais c’est un amendement à la résolution portant sur la coopération entre le Conseil de l'Europe et les démocraties émergentes dans le monde arabe, adoptée le même jour, qui répond de manière plus immédiate aux espoirs palestiniens. Le texte « invite les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies – en particulier la France, la Russie, le Royaume-Uni, la Bosnie-Herzégovine, l'Allemagne et le Portugal, Etats membres du Conseil de l'Europe – à soutenir la demande officielle palestinienne d’adhésion en tant que membre à part entière de l’Organisation des Nations Unies ». &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En conférence de presse, le Président Abbas a relancé un appel solennel à une Europe qui reste divisée sur l’attitude à adopter face aux récentes démarches palestiniennes. La Palestine se tourne vers l’Europe pour qu’elle soit incitée à jouer un rôle pionnier au plan économique (l’UE est le bailleur de fonds le plus important en Palestine) et surtout un rôle politique plus actif dans la région. C’est sans doute pourquoi, le chef de l’autorité palestinienne a tenu à rassurer les Européens qui hésiteraient encore à soutenir l’initiative diplomatique palestinienne. Selon lui, celle-ci n’entre pas en contradiction et n’entend pas se substituer à la poursuite des négociations de paix. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par contre, le président du Conseil palestinien a refusé d’aborder dans le détail les efforts diplomatiques déployés en ce moment par l’autorité palestinienne auprès de la communauté internationale. Il s’est aussi abstenu de répondre à une question concernant un éventuel rejet de la demande palestinienne dans l’enceinte onusienne. Même attitude face à une demande relative à l’existence d’un éventuel accord avec le Hamas sur d’autres cartes à jouer. Difficile, en effet, d’envisager l’échec d’une stratégie diplomatique qui apparaît comme celle de la dernière chance.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« Et si la Turquie ne voulait plus de l’Europe ? »</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/06/14/%C2%AB-Et-si-la-Turquie-ne-voulait-plus-de-l%E2%80%99Europe-%C2%BB</link>
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    <pubDate>Tue, 14 Jun 2011 19:45:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Évènements</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/debat_turquie_03052011.jpg&quot; alt=&quot;debat_turquie_03052011.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;debat_turquie_03052011.jpg, juin 2011&quot; /&gt;&lt;em&gt;Par Tania Gisselbrecht&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans le cadre du projet Orient Express Reporter, CaféBabel Strasbourg organisait le 3 mai un débat intitulé « Et si la Turquie ne voulait plus de l’Europe ? ». L’accroche, qui se voulait provocatrice, visait avant tout à opérer un renversement de la perspective euro-centrée dans laquelle se tient habituellement le débat de l’accession de la Turquie à l’UE. En écoutant la parole des Turcs (natifs ou d’adoption), le public a pu découvrir comment les Turcs perçoivent  leurs voisins européens et l’attitude de l’UE à l’égard de leur pays. Les Turcs pensent-ils que l’avenir de la Turquie peut se construire hors du giron européen ? Un politologue, un journaliste et une artiste se sont fait l’écho de la diversité des positions qui traversent la société turque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Les intervenants :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Samim Akgönül, Maître de Conférences au Département d’études turques de l’Université de Strasbourg, chercheur au Laboratoire PRISME du CNRS&lt;br /&gt;
Jérôme Bastion, journaliste freelance basé à Istanbul&lt;br /&gt;
Ajda Giray, chanteuse, auteure, compositeur, interprète&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/debat_turquie_03052011_3.jpg&quot; alt=&quot;debat_turquie_03052011_3.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;debat_turquie_03052011_3.jpg, juin 2011&quot; /&gt;D’entrée de jeu, une évidence s’impose. L’histoire de la Turquie et de l’UE tient plus du « Je t’aime, moi non plus » que de la relation apaisée. Curieusement, tout au long des échanges, le vocabulaire utilisé par les participants empruntera souvent au registre amoureux.  Jérôme Bastion évoque une relation qui oscille « entre grands élans du cœur et espoirs déçus ». La chanteuse Ajda Giray parle de sa « déception, du sentiment d’être trompé, d’une réaction romantique en quelque sorte », pour décrire son sentiment personnel  vis-à-vis d’une Europe qui semble ne pas vouloir de la Turquie. Il convient donc de se garder de penser  « que  la Turquie a tourné dos à l’Europe ». Simplement se sentant délaissée, « elle s’intéresse à d’autres mondes. » conclut-elle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et les intervenants de continuer à filer la métaphore amoureuse. En dépit de ce sentiment de rejet, le désir d’Europe est cependant intact en Turquie, selon Jérôme Bastion. Le politologue Samim Akgönül précise : ce désir est « de nature structurelle », « il s’agit d’un projet civilisationnel pour la Turquie » alors que « les atermoiements (qui perturbent les négociations d’accession NDLR) sont eux de nature conjoncturels ». &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/debat_turquie_03052011_samimakgonul.jpg&quot; alt=&quot;debat_turquie_03052011_samimakgonul.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;debat_turquie_03052011_samimakgonul.jpg, juin 2011&quot; /&gt;
Il est toutefois indubitable qu’un sentiment lassitude gagne la population face à des négociations qui semblent s’éterniser indéfiniment et dont on ignore si elles déboucheront sur une véritable adhésion. Ce sentiment d’injustice n’altère cependant pas question la confiance des turcs. Jérôme Bastion cite de récents sondages indiquant que 53% des Turcs restent convaincus que la Turquie entrera dans l’UE. A noter que ce chiffre atteignait 75% au moment de l’ouverture négociations.
Pour Samim Akgönül,  la Turquie est en Europe mais deux tendances la traversent simultanément. Une perception d’appartenance (je suis européen) doublée d’une perception d’altérité lorsque les Turcs viennent en Europe (on ne veut pas de moi). &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par ailleurs, « l’élite occidentale turque se pense en Europe. Mais elle a commencé à produire un discours anti institutionnel car le pays s’est vu refusé par l’UE. A tel point que la pro-européanité de l’AKP est devenue suspecte. » argumente le politologue. Par contre, « les couches oppressées de la société sont devenues pro-européennes. Les alévis, les Kurdes voient dans l’UE un moyen d’émancipation …. Les  Islamistes aussi ont soutenu l’européanisation , malgré un sentiment d’altérité religieuse très fort, car la liberté permet la visibilité de la religion dans la société ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une des répercussions majeures de l’attitude de rejet développée par l’EU à l’égard de la Turquie est l’exacerbation du nationalisme. Et c’est là « un point commun de tous les partis » présents sur l’échiquier politique turc. Ceci explique notamment que l’opinion publique turque a très mal perçu l’entrée dans l’UE de pays qui appartenaient autrefois  à l’empire ottoman, poursuit le politologue.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le tropisme ‘arabe’ de la diplomatie turque ne signifie pas que « les turcs sont pas entrain tomber amoureux des arabes ». Il « ne remplacera jamais l’avenir européen de la Turquie » affirme Jérôme Bastion. Même si le projet européen est économiquement fragilisé, la Turquie n’a pas d’autres projet civilisationnel que son entrée dans l’UE. La Turquie a certes rééquilibré sa politique étrangère, mais pour le journaliste, le pays ne mène pas un double jeu. Une politique versant arabe « rassure les turcs sur leur identité musulmane ». Et reconnaissons qu’ainsi  « la Turquie se rend aussi de plus en plus utile pour Europe ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/debat_turquie_03052011_ajdagiray.jpg&quot; alt=&quot;debat_turquie_03052011_ajdagiray.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;debat_turquie_03052011_ajdagiray.jpg, juin 2011&quot; /&gt;Ajda Giray tient à ajouter qu’à ses yeux « le peuple turc n’est ni européen, ni oriental, c’est un peuple unique, effet naturel de sa position géographique. Il faut accepter cette réalité ». Pour avancer sur le dossier turc, il faudra, selon elle, aussi résoudre une question fondamentale pour l’Europe : « se voit –elle homogène ou plus ‘colorée’ »? &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au final, ces relations en forme de montagne russes soulèvent effectivement une question dont UE ne peut faire l’économie : de quelle Europe parle-t-on ? Quelle Europe veut-on construire ? Une Europe historique, civilisationnelle, politique ? En Europe, nous avons tendance à circonscrire notre vision de l’Europe à l’Europe occidentale. Pour Samim Akgönül « il s’agit là d’un vision manichéenne, essentialiste en termes identitaires et religieux. Ce discours politique conduit au blocage ». En Turquie aussi, la vision de l’Europe est multiple. Elle est aussi le reflet d’une autre réalité : l’Europe n’est plus sexy même en Europe. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quoiqu’il en soit, il est aujourd’hui difficile d’imaginer que le statu quo se prolonge ou que le processus de négociation casse. Malheureusement l’inverse, un déblocage, est tout aussi difficile à concevoir, estime Jérôme Bastion. Pourtant, « la Turquie est déjà quasiment en Europe, les liens sont si forts que la prise de décision ne peut plus se faire sans elle », avance-t-il. « On est déjà au-delà du partenariat privilégié proposé par la France et l’Allemagne » comme alternative à l’adhésion.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’issue du processus de négociation n’est donc pas le plus important. La Turquie profitera des négociations s’il y a une carotte (démocratisation, industrialisation…) estime Samim Akgönül. Et de paraphraser Clémenceau : « en amour, le meilleur moment c’est quand on monte l’escalier ». Autrement dit, c’est ce qu’apportera le processus aux deux partenaires qui compte. Démocratisation pour la Turquie,  réflexion sur la nature du projet européen pour l’Europe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/debat_turquie_03052011_1.jpg&quot; alt=&quot;debat_turquie_03052011_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;debat_turquie_03052011_1.jpg, juin 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
CaféBabel remercie la Librairie Kléber pour son accueil, ainsi que la Ville de Strasbourg et le Club de la presse qui ont relayé l’évènement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;em&gt;“This project has been funded with support from the European Commission. This publication &lt;a href=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/06/14/communication&quot; title=&quot;communication&quot;&gt;communication&lt;/a&gt; reflects the views only of the author, and the Commission cannot be held responsible for any use which may be made of the information contained therein.”&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sponsors of the Orient Express Reporter:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.LOGO_UE_t.jpg&quot; alt=&quot;LOGO_UE.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;LOGO_UE.jpg, avr. 2011&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.Logo-FH_sq.jpg&quot; alt=&quot;Logo-FH.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Logo-FH.jpg, avr. 2011&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/logo_Allianz_Kulturstiftung1.jpg&quot; alt=&quot;logo_Allianz_Kulturstiftung1.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;logo_Allianz_Kulturstiftung1.jpg, avr. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Jorge Semprun, un destin européen (Deuxième partie : le futur de l'Europe)</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/06/08/Jorge-Semprun%2C-un-destin-europ%C3%A9en-%28Deuxi%C3%A8me-partie-%3A-le-futur-de-l-Europe%29</link>
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    <pubDate>Wed, 08 Jun 2011 11:40:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Par Tania Gisselbrecht&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lors de son passage à Strasbourg, en juin dernier, pour la promotion de son dernier ouvrage, « Une tombe au creux des nuages », Jorge Semprun avait également été fait citoyen d’honneur de la Ville de Strasbourg. L’occasion de partager avec le public une vision passionnée et lucide de l’Europe.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. « La démocratisation de l’Europe, la seule révolution qui mérite encore qu’on se batte pour elle. »&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le deuxième volet de notre dossier consacré au dernier ouvrage du philosophe Jorge Semprun aborde le futur de l’Europe. Le regard critique que l’intellectuel pose sur une Europe qui reste à construire n’épargne ni les politiques, ni les citoyens. Il livre cependant quelques pistes pour la consolidation du projet européen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.DSC_0310_m.jpg&quot; alt=&quot;DSC_0310.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;DSC_0310.JPG, juin 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;





&lt;p&gt;La vision de l’Europe qui émerge de cet ouvrage est lucide : l’Europe reste imparfaite, et l’attitude des Européens à son égard est loin d’être irréprochable. L’auteur y déplore tour à tour l’absence de vrais leaders charismatiques, l’oubli des valeurs sur lesquelles est fondée l’Europe (idées qui transparaissaient déjà dans conférence donnée par Husserl à Vienne en 1936). Partie intégrante de notre quotidien, celle-ci est devenue banale. Nous pratiquons l’Europe sans plus nous en apercevoir. Nous ne faisons finalement que consommer de l’Europe en profitant de la libre circulation, en goûtant à une relative prospérité, mais nous avons oublié ce qu’incarne fondamentalement l’Europe. Des propos que ne renierait certainement pas Husserl qui avertissait déjà ses contemporains que « le plus grand danger pour l’Europe, c’est la lassitude ». L’Europe nous a permis de vivre en paix depuis plus de 60 ans, l’Europe s’est engagée à respecter les droits de l’homme, permet la libre expression politique dans un cadre pluraliste. Et pourtant, quels sont les dirigeants actuels qui font campagne sur des thématiques européennes, quels sont ceux qui expliquent véritablement l’Europe à leurs citoyens ? s’étonne Semprun. Avec un peu de recul, on perçoit rapidement les dangers que présente un tel état de fait. Force est de constater que l’idée européenne dépérit au profit des particularismes nationaux, chaque pays projetant ses propres valeurs comme étant celles de la future Europe. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’un des mérites de cet ouvrage sous-titré « Essai sur l’Europe d’hier et d’aujourd’hui » est d’ouvrir également des perspectives pour l’avenir. Sans contenir un catalogue précis de mesures concrètes destinées à consolider le processus de construction et d’intégration européenne, il nous livre cependant quelques pistes fondamentales pour faire face au risque d’« explosion identitaire » évoqué plus haut.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;-« L’une des façons les plus efficaces de préparer l’avenir d’une Europe unifiée, ou plutôt réunifiée, consiste à partager notre passé, à unir nos mémoires respective, qui jusqu’à maintenant ont été divisées ». Cette allusion  fait référence à l’expérience du goulag qui selon Semprun « n’a pas encore été incorporé à notre mémoire collective ». « Quand nous aurons réussi ce passage, cela voudra alors dire que nous aurons non seulement cessé d’être hémiplégiques, mais aussi que la Russie aura avancé de façon décisive sur le chemin de la démocratisation. »
-« Inventer une politique européenne audacieuse, qui ne pense pas l’Europe exclusivement comme un marché unique, qui la pense aussi – et peut être surtout – comme un ensemble culturel, comme une figure spirituelle »
-« l’Europe ne peut pas se fonder sur l’exclusion de la différence ; (qu’)elle doit se construire sur l’unité essentielle de sa diversité ». « Nous avons la possibilité de construire un caractère spirituel européen à travers la diversité et le respect culturel, à travers la connaissance et la pratique de toutes les langues et de toutes les cultures … l’unité européenne doit acquérir un sens à travers sa diversité culturelle , et cela signifie que tout le monde en Europe, doit au moins parler deux langues européennes».
Pour transformer ce rêve européen en réalité, il nous appartient de reprendre le flambeau en suivant la voie tracée par cet acteur du XXème siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;em&gt;Photo Tania Gisselbrecht&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Jorge Semprun, un destin européen (1ère partie : Europe et mémoire)</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/06/08/Jorge-Semprun%2C-un-destin-europ%C3%A9en</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:c9bb5f753b0b5900a653074c047bfad7</guid>
    <pubDate>Wed, 08 Jun 2011 10:53:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.DSC_0299_s.jpg&quot; alt=&quot;DSC_0299.JPG&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;DSC_0299.JPG, juin 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Par Tania Gisselbrecht&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lors de son passage à Strasbourg, en juin dernier, pour la promotion de son dernier ouvrage, « Une tombe au creux des nuages », Jorge Semprun avait également été fait citoyen d’honneur de la Ville de Strasbourg. L’occasion de partager avec le public une vision passionnée et lucide de l’Europe.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. L’Europe comme « figure spirituelle »&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La figure visionnaire du philosophe allemand Husserl est omniprésente dans la série de conférences qui composent ce livre. Par son intermédiaire, Semprun nous fait (re)découvrir les motivations originelles du processus de construction européenne : l’Europe comme rempart au Mal absolu. En restituant la « signification » morale et spirituelle du projet européen, l’auteur nous rappelle par la même occasion les raisons de le consolider.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un destin européen&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
S’il est une figure intellectuelle qui mérite l’appellation de grand témoin du XXe siècle, c’est bien Jorge Semprun.  Car ce n’est pas le seul privilège de l’âge qui lui confère ce statut. Au contraire, il aura tour à tour été victime et acteur de l’histoire européenne du siècle passé.  Exil, déportation, résistance, clandestinité, vie politique, écriture sont autant de vies qui jalonnent ce destin hors du commun. Par une cruelle ironie, c’est très souvent à la figure du survivant de Buchenwald, chargée de réminiscences douloureuses, que l’homme se voit réduit.  Lui même affirme pourtant :  «Ce que je suis avant tout, ou par-dessus tout, c’est un ex-déporté du camp de Buchenwald. C’est ce qui me vient en premier, ce qui est originel chez moi, ce qu’il y a de plus profond, qui configure le mieux ma véritable identité. » La déportation a, en effet, marqué le début d’une quête intellectuelle qui ne l’a jamais quittée : quel sens peut-on attribuer à l’expérience des camps ? Comment la dépasser ? L’ensemble de conférences et discours qui composent son dernier opus littéraire semblent livrer une réponse à cette interrogation existentielle. Au fil de la lecture, au gré de laquelle mémoire personnelle et mémoire collective se superposent, un personnage s’impose, en effet, avec force : l’Europe. L’Europe, née précisément de la lutte contre les totalitarismes, en réaction à la barbarie, fait partie de la réponse. « Une tombe au creux des nuages » n’est rien d’autre qu’une profession de foi en un idéal européen venu transcender l’horreur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux origines de la construction européenne&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ni récit, ni autobiographie, ni roman, cet ouvrage ressemble plutôt à une sorte de bilan historique du XXe siècle. Au-delà de l’apparente juxtaposition des textes compilés, on est peu à peu saisi par un mouvement récurrent qui guide imperceptiblement la lecture de chacun des chapitres.  La réflexion suit généralement le cheminement propre à la pensée philosophie que Semprun s’attache à décrire (avec érudition) dans la deuxième conférence. Chaque chapitre nous emmène de la perplexité, du doute, de l’étonnement à la lucidité. Coïncidence étonnante : l’histoire européenne du XXe siècle semble elle-même pouvoir être décryptée à l’aune de ce mouvement qui anime la réflexion philosophique. Ainsi les exactions commises au sein du continent par deux formes contemporaines de totalitarismes suscitent la perplexité.  Puis ce sentiment cède la place à l’étonnement :  comment sur les cendres de la pire barbarie a-t-on pu accomplir une union à vocation supranationale? Comment malgré l’horreur absolue, l’Europe a-t-elle pu devenir une réalité ? Peut être précisément à cause de « ça », à cause de l’indicible horreur produite par le totalitarisme, semble nous murmurer l’auteur. La lucidité a permis un sursaut de la raison: l’Europe est aussi capable du meilleur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Parmi les quelques voix d’intellectuels qui se sont élevées pour annoncer, d’une manière quasi prophétique parfois, le déferlement totalitaire sur l’Europe, nombreuses étaient juives. A ce titre, un personnage a pris une dimension particulière pour Semprun, le philosophe Husserl. C’est à Buchenwald par la bouche d’un autre interné que Semprun découvre les propos tenus par Husserl lors d’une conférence tenue à Vienne en 1936. Universitaire juif frappé par des mesures d’exclusion, Husserl se posait en termes philosophiques la question suivante : que représente l’Europe ? Aussi inimaginable que cela paraisse dans le contexte dramatique de la montée des totalitarismes, la conférence contient les germes de la future Europe. Il l’envisageait avant tout comme une «entité spirituelle », qui ne peut se définir par son seul caractère territorial. Il anticipait que de cette force spirituelle unique pourrait naitre une entité supranationale : « les nations … ne s’unissent que grâce aux dictats du commerce et à la lutte perpétuelle entre les pouvoirs, et il est nécessaire de progresser au-delà de cet état de fait. » Le philosophe allemand pressentait surtout que la survie de l’Europe passait par la lutte spirituelle et philosophique, la lutte contre la barbarie et la mort de la vie spirituelle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. La mémoire, clé de l’identité européenne.&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’œuvre de Semprun est irriguée par un thème majeur : la mémoire. Il se revendique toutefois dépositaire d’« une mémoire active qui ne tourne pas seulement son regard vers le passé, mais a aussi la prétention de regarder en direction de l’avenir ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.DSC_0305_m.jpg&quot; alt=&quot;DSC_0305.JPG&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;DSC_0305.JPG, juin 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Une des forces de cet ouvrage tient certainement à sa forme. Si la démonstration que « l’Europe est le seul rêve encore possible»  s’impose avec une telle évidence,  c’est parce que c’est un écrivain qui tient la plume. Dans l’une de ces conférences, il annonce sans ambages qu’il suit les méandres tortueux de sa pensée, sans s’embarrasser de chronologie. C’est ainsi qu’il mêle allégrement Grande et petites histoires, digressions philosophiques (certes ardues pour les néophytes), émotions. Ce faisant, il ancre sa réflexion dans un contexte particulier. Par ailleurs, il « se contente de parler en son propre nom, en fonction d’une réflexion personnelle qui est issue de l’étonnement, du doute. » Et cet engagement personnel transcende le terrain de l’écriture. En prenant ses distances par rapport au statut de victime, il donne une portée collective à son témoignage, car il assume pleinement la responsabilité qui s’attache au statut de témoin, celle de transmettre la mémoire. « Une mémoire active qui ne tourne pas seulement son regard vers le passé, mais a aussi la prétention de regarder en direction de l’avenir ». Défendre notre héritage humaniste et démocratique contre toutes formes totalitarismes, voilà ce qui nous incombe désormais, à nous européens. En ressuscitant cette mémoire de l’Europe que nous avions perdue, pour la plupart d’entre nous, l’auteur passe le relais.
Pour préserver cette mémoire, il en appelle notamment au développement d’une littérature de l’Extermination « au-delà du travail testimonial et mémoriel » car « les témoins et la littérature testimoniale finissent toujours par disparaître ». La mémoire juive demeurera certes pour un temps encore « dépositaire de toutes les expériences de l’Extermination »,  « toutes les mémoires européennes de la résistance et de la souffrance &lt;a href=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/06/08/des gitans, …celle des adversaires politiques de l’hitlérisme&quot; title=&quot;des gitans, …celle des adversaires politiques de l’hitlérisme&quot;&gt;des gitans, …celle des adversaire...&lt;/a&gt; ne posséderont, en dernier refuge et rempart, dans dix ans, que la mémoire juive de l’Extermination. La plus ancienne mémoire de cette vie, car elle a précisément aussi été le plus jeune vécu de la mort». Mais fatalement la « transmission de la mémoire sensorielle sera bientôt devenue impossible. » Après la disparition des derniers témoins directs, il ne restera alors plus que les romanciers » au-delà des travaux sociologues et historiens pour perpétuer cette forme de mémoire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’ancien déporté a développé un fort attachement à l’Allemagne. Son identité s’est forgée, et enracinée en Allemagne dans un camp de travail. La métaphore de Weimar, ville-raccourci de l’histoire européenne, fait partie des images récurrentes de cette série de textes (tout comme la conférence quasi-prophétique de Husserl tenue à Vienne en 1936). A quelques kilomètres de la ville se sont en effet successivement implantés un camp nazi puis un camp stalinien. « A Buchenwald nous nous retrouvons devant un impressionnant résumé de l’histoire de l’Europe… tout à fait contraire à celle que l’Europe tente de construire ». C’est donc en Allemagne qu’il a commencé à « comprendre ce que signifie l’Europe ; il s’agit d’une entité qui a précisément été construite contre le fascisme et contre le totalitarisme. » Le camp de travail de Buchenwald est pour ainsi dire devenu «le laboratoire intellectuel de notre avenir commun ». Pour Semprun, cette ville incarne la renaissance de l’Europe, rend intelligible la signification de l’Europe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’écrivain rend à plusieurs reprises hommage au remarquable travail de mémoire critique qu’a effectué l’Allemagne. Présentant la caractéristique d’être le seul pays européen à avoir subi les deux formes de totalitarismes sur son sol, l’Allemagne est certainement aussi le pays européen ayant le plus approfondi son travail de mémoire. Pour Semprun, c’est cette attitude courageuse qui lui vaut aujourd’hui de peser dans l’avenir européen. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Photos Tania Gisselbrecht&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>&quot;L'EUROPE AU RISQUE D'EN RIRE&quot; EXPOSEE A L'HOTEL DE VILLE DE STRASBOURG</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/05/26/L-EUROPE-AU-RISQUE-D-EN-RIRE-EXPOSEE-A-L-HOTEL-DE-VILLE-DE-STRASBOURG</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:780d73d502b885b2a8d9416b1357e052</guid>
    <pubDate>Thu, 26 May 2011 08:39:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;par Camille Portehault et Paulina Kozlowska&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/babelien/.Caricature_1_s.jpg&quot; alt=&quot;Caricature_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Caricature_1.jpg, mai 2011&quot; /&gt;
Le premier prix a été décerné à Amandine Petit-Martin, pour “Drôle d'Etats”.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;L'exposition “L'Europe au risque d'en rire dresse un portrait inédit de l'Europe à travers le regroupement des expositions “C'est la fôte à Bruxelles” composée de dessins de presse, et “Figures de l'Europe”, constituée à partir des résultats d'un concours transnational invitant les étudiants et doctorants français, suisses et allemands à proposer des images allégoriques de l'Europe sous la forme de caricatures.
Cette forme d'expression artistique vise à donner un visage à l'Union et à la rendre plus tangible, explique Anne-Laure Mosbrucker, de la fédération de recherche L'Europe en mutation, qui a organisé le concours “Figures de l'Europe” en partenariat avec le Musée Tomi Ungerer et le Caricature Museum.
La déformation grotesque et dérisoire de l'Europe aux yeux des jeunes artistes est réunie à côté des reproductions de dessins de presse des dessinateurs professionnels. Ceux-ci illustrent les étapes les plus marquantes de l'histoire de la construction européenne.
Le choix de mettre en vis-à-vis les deux visions de l'Europe est bien réussi et montre de façon convaincante les faiblesses de l'Union, ses forces, les peurs et les espoirs qu'elle suscite. Il en résulte une exposition drôle, instructive, et une image de l'Europe qui prouve que l'on peut critiquer tout en aimant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les œuvres seront exposées jusqu'au 28 mai à l'hôtel de ville de Strasbourg, salle Conrath, de 14h à 19h&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Quand la presse révèle les affaires privées des personnalités publiques</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/05/24/Quand-la-presse-r%C3%A9v%C3%A8le-les-affaires-priv%C3%A9es-des-personnalit%C3%A9s-publiques</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:28e9d020fb92eafb14f0ad89d914e46c</guid>
    <pubDate>Tue, 24 May 2011 15:17:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>L'Europe depuis Strasbourg</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;par Julie Olivier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/conseil_de_l_europe/photo_cedh.jpg&quot; alt=&quot;Cour Européenne des Droits de l&amp;#039;Homme&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Cour Européenne des Droits de l&amp;#039;Homme, mai 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans l’arrêt Mosley c. Royaume-Uni rendu le 11 mai, la Cour européenne des Droits de l’Homme s’est prononcée en faveur de la liberté des médias. Une décision qui fait écho aux divergences des modèles médiatiques français et anglo-saxon sur leur traitement de la vie privée de leurs classes politiques.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Les juges de Strasbourg ont débouté Max Mosley, 71 ans, ancien patron de la Fédération internationale de l’automobile, qui reprochait au Royaume-Uni de ne pas protéger son droit au respect de la vie privée, et plus précisément, de ne pas imposer aux médias l’obligation d’avertir préalablement les personnes faisant l’objet de reportages afin que celles-ci aient la possibilité d’en empêcher la publication. En mars 2008, le journal du dimanche News of the World avait publié en première page un article intitulé « Le patron de la F1 fait une orgie nazie avec cinq prostituées » et diffusé des extraits d’une vidéo de ladite soirée sur internet.
Le 11 mai, la Cour a conclu que l’article 8 sur le droit au respect de la vie privée et familiale de la Convention européenne des Droits de l’Homme n’avait pas été violé, et qu’aucune obligation de notification ne devait être imposée aux médias britanniques. En effet, cette mesure représente une forme de censure pour les journalistes.
En quête d’un équilibre entre liberté de la presse et respect de la vie privée, la Cour a ainsi reconnu que « la vie privée des personnes publiques est devenue un produit très lucratif pour certains secteurs des médias » mais que les « journalistes ont une compréhension suffisante de la notion de « vie privée » pour leur permettre de déterminer quand une publication peut porter atteinte au droit au respect de la vie privée ».&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le service d'action extérieure : guichet unique de la diplomatie européenne ?</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/05/19/Le-service-d-action-ext%C3%A9rieure-%3A-guichet-unique-de-la-diplomatie-europ%C3%A9enne</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:486cc80176993f3ac262336574936e5f</guid>
    <pubDate>Thu, 19 May 2011 13:19:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>L'Europe depuis Strasbourg</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;par Tania Gisselbrecht&lt;/em&gt;
&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.vimont_s.jpg&quot; alt=&quot;vimont&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;vimont, mai 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour commémorer la journée de l’Europe, l’association des journalistes parlementaires européens avait convié, à Strasbourg, Pierre Vimont, Secrétaire général exécutif du Service européen d’action extérieur.  L’occasion de dresser un premier bilan d’activités de cet organe. Enfanté par le Traité de Lisbonne, dans le but permettre à l’Europe de s’affirmer d’une seule et même voix sur la scène internationale, ce dernier semble, à première vue, éprouver quelques difficultés à s’autonomiser dans l’ombre de parents jaloux de leurs prérogatives. Au chevet du nouveau-né, Catherine Ashton, la Haute représentante pour la politique étrangère peine à gommer l’impression d’un repli souverainiste des Etats. En guise de complications, le SEAE fait ses premiers pas sur fond de révolutions arabes, de crise ivoirienne. Bref, une naissance aux forceps saluée sans enthousiasme. Aux commandes de la nouvelle administration, depuis octobre, l’ancien fonctionnaire français s’est prêté avec une apparente sincérité aux jeux des questions réponses. Humilité devant la tâche restant à accomplir, mais aussi conviction que le déploiement d’une diplomatie commune se fera à force de pédagogie et de ténacité. Dans sa bouche, des paroles réfléchies qui mettent l’ensemble des acteurs concernés devant leurs responsabilités. Morceaux choisis.&lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/sujet/7c75/pierre-vimont.html&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le SEAE, 28ème réseau diplomatique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est par le biais d’une analogie avec le SME, que Pierre Vimont a choisi d’éclairer la nature actuelle de la diplomatie européenne. Pragmatique, l’Europe s’est dotée d’une monnaie ‘unique’ et non ‘commune’ car il serait vite devenu ingérable de laisser en circulation les monnaies nationales parallèlement à l’euro. A l’inverse, dans un domaine où les Etats sont jaloux de leur souveraineté, c’est le choix d’une politique ‘commune’ qui a logiquement primé. Par conséquent, la Haute représentante doit effectivement trouver sa place par rapport aux 27 diplomaties nationales. A l’heure actuelle, il n’est pas très réaliste de penser, qu’à partir du moment où la Haute Représentante s’est exprimé, les 27 capitales doivent se taire. Il est toutefois possible de faire converger les discours grâce à un travail de coordination. C’est là, le 1er axe de travail du SEAE.
Le 2ème axe d’affirmation de la diplomatie européenne, c’est sa valeur ajoutée. A Bruxelles, on peut essayer de définir un intérêt un peu plus général. Et surtout l’Europe  a une capacité d’action différente de celle des Etats membres, plus intégrée, plus globale. La diplomatie européenne dispose, en effet, de tous les instruments possibles (diplomatie classique, aide au développement, défense , sécurité). Conjuguée à cet arsenal de moyens, une décision prise à 27 bénéficie d’un impact incomparable par rapport à l’action dispersée de ses membres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;« Enfin vous êtes là !»&lt;/strong&gt;
Confidence étonnante du diplomate européen : ce ne sont pas les européens les plus favorables à la naissance du service diplomatique européen. Depuis sa prise de fonction, Pierre Vimont se dit rassuré de voir défiler dans son bureau les représentants des pays tiers (Etats Unis, Chine, Brésil en tête).  Sorte de « guichet unique », le SEAE semble répondre à la question lancinante de Kissinger, « quel numéro pour l’Europe » ? Ce service s’avère également être pour les autres puissances mondiales et leurs intérêts respectifs une formidable caisse de résonance parce qu’il représente simultanément 27 pays.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment dépasser les fragilités congénitales ?&lt;/strong&gt;
Le Secrétaire exécutif du SEAE reconnaît que l’organe devra faire face à des défis colossaux. Comment notamment établir des diagnostics de crise et des stratégies communes alors que le nouveau corps diplomatique réunit des agents européens et des fonctionnaires issus de cultures diplomatiques très différentes ? Cela ne l’empêche pas de voir l’avenir de la diplomatie européenne dans la création d’une culture unique, qui prendrait appui à fois sur les pratiques issues de la diplomatie traditionnelle (négociation) et sur l’approche de ‘développeur’ (basée sur la coopération, l’assistance technique) jusqu’ici suivie par les services extérieurs de la Commission. « Nous n’en sommes qu’au début, il faut faire preuve patience, et ne pas perdre de vue ce que chacun a acquis comme compétence. »&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L’Europe incapable de se penser comme une puissance politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pierre Vimont se réfère à des exemples concrets. Depuis une dizaine d’années, c’est le budget communautaire qui finance presque entièrement l’administration palestinienne. Or politiquement, les acteurs concernés se tournent toujours vers les USA pour faire avancer le processus paix. En d’autres termes, les Etats membres sont prêts à déléguer la coopération à l’Europe, mais réticents à lâcher la diplomatie politique. Si le représentant du SEAE déplore que certains Etats prennent des initiatives isolées, font des cachotteries et compliquent ainsi la tâche du service diplomatique européen, cela ne doit pas empêcher d’être ambitieux. La condition à respecter pour concrétiser cette ambition ? Evoquer toute initiative à 27. Sur les grands sujets, cela prend évidemment du temps, et l’Europe accuse du retard. Mais essayer de définir une ligne commune des 27, serait un réel progrès.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y a encore du travail avant que la diplomatie européenne ne trouve sa crédibilité, admet volontiers le diplomate. Pourtant, elle prouve déjà son utilité. On le voit en Libye, où le SEAE est actif. Il y joue un rôle que les Etats ne peuvent plus jouer à cause de leur prises de position. Catherine Ashton, elle, est partie prenante aux efforts médiation et recherche un compromis.
Une politique extérieure est-elle possible sans politique de défense ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le Secrétaire exécutif dit espérer que les dirigeants ont encore l’ambition d’une Europe de la défense. Il est dans l’intérêt de la diplomatie européenne d’avoir tous les outils possibles à sa disposition. Mais dans ce domaine, les moyens encore insuffisants. Près des 2/3 des efforts en matière défense européenne sont le fait de la France et de la Grande-Bretagne (suivies par l’Allemagne). Les 24 autres membres de l’UE ne ressentent pas vraiment le besoin de faire des efforts et dans un contexte de crise économique, il semble plus sain de se reposer sur les structures existantes, et notamment l’Otan. Le diplomate conçoit que demain les USA pourraient demander aux Européens d’assumer un plus grand rôle au sein de l’organisation. Les Européens sont désormais des grandes personnes, ne devraient-ils pas apprendre à se protéger tous seuls ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faut-il sauver le soldat Ashton ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dénigrée par les média, objet d’une fronde parlementaire persistante, les débuts de Catherine Ashton ont jusqu’à maintenant desservi l’image du SEAE. Son bras droit confie qu’elle a le sentiment qu’une injustice est commise. Alors qu’elle a repris trois casquettes, sans avoir bénéficié d’un cumul de moyens correspondant, on s’étonne seulement qu’elle ne soit pas présente partout. Un président français est lui épaulé par un premier ministre, des ministres plusieurs secrétaires d’état.
Malgré l’incompréhension que suscitent ces attaques, elles sont prises en compte car certaines sont susceptibles de constituer des leçons. Il reste, en effet, à inventer une méthode de travail, en liaison avec les ministères des affaires étrangères qui passent leur temps à critiquer ou agir isolément. « On va les faire travailler plus ! »
Pour le diplomate européen, les attaques dont fait l’objet la Haute Représentante sont aussi révélatrices de l’insatisfaction des petits pays qui comptaient sur elle pour résister à l’influence des ‘grands’. Pressé de réagir aux propos récents du ministre des affaires étrangères  belge, (critiquant dans la presse le manque d’ambition de l’Europe qui laisse le champ libre aux ‘Grands’ Etats), il rectifie : les Grands Etats n’ont pas attendu le vide. Ils sont là depuis longtemps ! Ainsi au sein du Conseil, les petits Etat se plaignent de leur omniprésence. Ces récriminations prouvent que le débat dépasse la question de la personnalité d’Ashton. C’est une question essentielle à la cohérence de l’Union qu’il faut régler.
Il faut donc avoir confiance en Catherine Ashton, elle a plus de sens politique qu’on ne le dit, elle apprend son métier et « vous aurez peut être des surprises ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;« On apprend plus vite à nager dans l’eau froide »&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Depuis sa naissance, force est de reconnaitre que le SEAE n’est pas gâté par le contexte politique mondial et a surtout donné l’impression de se débattre face à une succession de crises. Comme le souligne Pierre Vimont, il a fallu plonger tout de suite dans l’eau froide et apprendre à se débrouiller. Pas de temps donc pour le nombrilisme.
Malgré tout l’idée de faire de la prospective existe. Selon le Secrétaire exécutif, il est nécessaire de mener une réflexion plus générale, plus ouverte et généreuse. Les interlocuteurs de l’Europe ont mal ressenti la réaction très égoïste des Etats face aux événements d’Afrique du nord centrée sur des problèmes d’immigration illégale. L’Europe n’est pas à la hauteur des défis, des opportunités que représentent ces révolutions. Il y a donc un travail de pédagogie à faire, pour orienter l’action de l’Europe différemment. Mais on ne demande pas à un bébé de 5 mois (l’âge du SEAE) de se comporter comme un homme de 50 ans !&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le SEAE et les citoyens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En la matière, le Secrétaire exécutif concède que le degré d’ambition de l’opinion publique est probablement supérieur par rapport à celui de ses dirigeants. Il ne croit pas aux sondages indiquant une montée d’un sentiment anti-européen. Les citoyens sont plus européens qu’on ne le dit. Mais ils ne comprennent plus comment fonctionne la machine. Avec l’élargissement, on devait changer profondément les institutions, mais aussi redéfinir les objectifs et une vision, car l’Europe était une construction datant de la guerre froide. Or, nous n’avons toujours pas apporté la bonne réponse à ces questions. Et de conclure qu’il comprend le malaise des citoyens.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Aborder les initiatives citoyennes vertes de manière transnationale : rencontre avec Vladmir Vasak jeudi 26 mai au restaurant la Victoire à 20h30</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/05/10/Aborder-les-intiatives-citoyennes-vertes-de-mani%C3%A8re-transnationale-rencontre-avec-Vladmir-Vasak-jeudi-26-mai-au-restaurant-la-Victoire-%C3%A0-20h30</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:eb4c5ec1fee5a2e33e66e3d9f9578ae4</guid>
    <pubDate>Tue, 10 May 2011 12:34:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Évènements</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;par Cafébabel Strasbourg&lt;/em&gt;
&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.greenEurope_square_s.jpg&quot; alt=&quot;eotg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;eotg, juin 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans le cadre du projet &lt;strong&gt;Green Europe On The Ground&lt;/strong&gt; la rédaction de Cafébabel Strasbourg reçoit cinq journalistes et apprentis journalistiques pour réaliser des reportages consacrés aux initiatives locales en matière de développement durable. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A cette occasion nous vous invitons à une rencontre autour de &lt;strong&gt;Vladimir Vasak, grand reporter à ARTE&lt;/strong&gt;, jeudi 26 mai au restaurant la Victoire à 20h30. &lt;strong&gt;Aborder les initiatives citoyennes vertes de manière transnationale&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Ce projet est soutenu par l'Union européenne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.LOGO_UE_t.jpg&quot; alt=&quot;LOGO_UE.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;LOGO_UE.jpg, avr. 2011&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.Logo-FH_sq.jpg&quot; alt=&quot;Logo-FH.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Logo-FH.jpg, avr. 2011&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/logo_Allianz_Kulturstiftung1.jpg&quot; alt=&quot;logo_Allianz_Kulturstiftung1.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;logo_Allianz_Kulturstiftung1.jpg, avr. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Interdiction de la Gay pride à Moscou : la CEDH rejette l'appel de la Russie</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/04/25/Interdiction-de-la-Gay-pride-%C3%A0-Moscou-%3A-la-CEDH-rejette-l-appel-de-la-Russie</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:11f4782a002b219d126caafb0f97680f</guid>
    <pubDate>Mon, 25 Apr 2011 18:56:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.cedh_DSC04090_383_2009-07-02_s.jpg&quot; alt=&quot;cedh_DSC04090_383_2009-07-02.JPG&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;cedh_DSC04090_383_2009-07-02.JPG, fév. 2011&quot; /&gt; &lt;em&gt;par Christa Ludwig&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le 11 avril dernier, la Cour Européenne des droits de l’Homme (CEDH) a rejeté l’appel de la Russie dans le dossier de la Gay Pride à Moscou : une nouvelle victoire pour l’auteur du recours devant la Cour, Nikolaï Alexeïev, et pour tous les militants de la cause homosexuelle en Russie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Fin 2010, Moscou avait été condamnée par la Cour pour avoir interdit l’organisation des défilés de la Gay Pride. Dans un arrêt du 21 octobre 2010, les sages de Strasbourg avaient estimé que les interdictions opposées par les autorités moscovites aux organisateurs de l’évènement portaient atteinte au droit de réunion et constituaient une discrimination à l’encontre des gays et lesbiennes de Russie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La plainte avait été déposée devant la Cour de Strasbourg par Nikolaï Alexeïev, célèbre militant de la cause gay et lesbienne en Russie et membre du collectif organisant les défilés. Si ce dernier souhaitait bien entendu obtenir la condamnation des autorités moscovites (pour que les défilés puissent finalement avoir lieu), il cherchait avant tout à attirer l’attention de la communauté internationale sur les violations persistantes des droits des homosexuels en Russie.
Le maire de Moscou avait quant à lui invoqué la protection de l’ordre public, de la santé, de la morale et des droits et libertés d’autrui pour justifier l’interdiction de ces défilés. Mais la Cour de Strasbourg avait réfuté cette argumentation, estimant que la décision des autorités moscovites avait été guidée principalement par les valeurs morales de la majorité et que les considérations d’ordre sécuritaire étaient restées au second plan.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La Russie avait alors décidé de faire appel. C’est précisément cet appel que le collège de cinq juges de la Grande chambre de la CEDH a rejeté le 11 avril dernier, conférant ainsi valeur définitive à la décision d’octobre 2010.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ces brèves sont réalisées en partenariat avec la rédaction étudiante du Master Politiques Européennes de l’IEP de Strasbourg&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« Et si la Turquie ne voulait plus de l’Union européenne ? »</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/04/25/%C2%AB-Et-si-la-Turquie-ne-voulait-plus-de-l%E2%80%99Union-europ%C3%A9enne-%C2%BB</link>
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    <pubDate>Mon, 25 Apr 2011 11:04:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Évènements</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/logo_orient_express1.jpg&quot; alt=&quot;logo_orient_express1.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;logo_orient_express1.jpg, avr. 2011&quot; /&gt;CaféBabel Strasbourg a le plaisir de vous convier au débat&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;« Et si la Turquie ne voulait plus de l’Union européenne ? »&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 3 Mai 2011 à 19h00 à la Librairie Kléber&lt;/strong&gt;, Salle Blanche (1 Rue des Francs Bourgeois, Strasbourg) &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Intervenants :&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Jérôme Bastion&lt;/strong&gt;, Correspondant de RFI et d’autres médias à Istanbul&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Ajda A Giray&lt;/strong&gt;, Chanteuse, auteur et compositeur, Istanbul &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Samim Akgönül&lt;/strong&gt;, Maître de conférences à l’Université de Strasbourg, Département d’Etudes Turques, Chercheur au CNRS au laboratoire PRISME&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Débat  organisé par CaféBabel Strasbourg dans le cadre du projet Orient Express Reporter.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entrée libre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Que représentent vraiment la région des Balkans et la Turquie pour les jeunes européens ? Depuis octobre 2010, CaféBabel traverse l’Europe pour tenter de répondre à cette question. Des équipes de jeunes reporters partent à la découverte de 8 capitales de la région balkanique et de la Turquie. L’objectif ? Opérer un nouvel élargissement, un élargissement de l’esprit cette-fois. Pour démystifier le sud-est de l’Europe, une série de reportages - écrit et photos - met en lumière les aspirations de la jeunesse au-delà des frontières physiques de l’UE. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce volet éditorial se double d’un volet évènementiel. Une série de débats est organisée dans plusieurs capitales européennes. Ils décryptent des problématiques actuelles associées aux régions concernées par le projet.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans ce cadre, CaféBabel Strasbourg a décidé de donner la parole aux Turcs, de sortir d’un schéma euro-centré afin de mieux cerner les attentes des Turcs vis-à vis de l’UE. Comment les Turcs perçoivent-ils leurs voisins européens ? Croient-ils encore à la perspective d’une éventuelle adhésion ? L’UE reste-elle attractive ?  Pensent-ils que l’avenir de la Turquie peut se construire hors du giron européen ? Autant de questions qui laissent entrevoir de nombreux clivages au sein de la société turque. Un politologue, un journaliste et une artiste se feront l’écho de cette diversité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce projet est soutenu par l'Union européenne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.LOGO_UE_t.jpg&quot; alt=&quot;LOGO_UE.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;LOGO_UE.jpg, avr. 2011&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.Logo-FH_sq.jpg&quot; alt=&quot;Logo-FH.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Logo-FH.jpg, avr. 2011&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/logo_Allianz_Kulturstiftung1.jpg&quot; alt=&quot;logo_Allianz_Kulturstiftung1.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;logo_Allianz_Kulturstiftung1.jpg, avr. 2011&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/logo_kleber.jpg&quot; alt=&quot;logo_kleber.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;logo_kleber.jpg, avr. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Le conseil constitutionnel suit la CEDH sur les arrêts de cour d'assises</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/04/07/Le-conseil-constitutionnel-suit-la-CEDH-sur-les-arr%C3%AAts-de-cour-d-assise</link>
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    <pubDate>Thu, 07 Apr 2011 11:09:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.cedh_DSC04090_383_2009-07-02_s.jpg&quot; alt=&quot;cedh_DSC04090_383_2009-07-02.JPG&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;cedh_DSC04090_383_2009-07-02.JPG, fév. 2011&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;par Christa Ludwig&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans une décision rendue le 1er avril dernier, le Conseil constitutionnel a affirmé que l’absence de motivation dans les arrêts de cour d’assises n’est pas contraire à la Constitution. Cette décision est intervenue en réponse à deux questions prioritaires de constitutionnalité posées par la Cour de Cassation.
D’une manière générale, les cours d’assises n’expliquent pas sous la forme d’un argumentaire détaillé pourquoi l’accusé est déclaré coupable ou innocent : elles se contentent de répondre positivement ou négativement à la question de la culpabilité de l’accusé.
Prenant acte de cette réalité, le Conseil constitutionnel a dans un premier temps rappelé que la Constitution ne confère pas à l’obligation de motivation des décisions judiciaires un caractère général et absolu. Les exceptions à ce principe destiné à faciliter le recours en appel et en cassation sont tolérables dès lors que ‘des garanties propres à exclure l’arbitraire’ sont instituées par la loi.
A ce titre, le Code de procédure pénale prévoit que la Cour et les jurés ne basent leur décision finale que ‘sur les seuls éléments de preuve et les arguments contradictoirement débattus’ ; il offre par ailleurs de nombreuses autres garanties aux parties, notamment concernant les modalités de délibération de la cour et les majorités d’adoption des décisions.
Le Conseil de la rue de Montpensier a déduit de ces garanties légales et procédurales qu’une cour d’assises ne dispose pas d’un ‘pouvoir arbitraire pour décider de la culpabilité d’un accusé’. Cette décision cruciale fait écho à la solution retenue par la grande chambre de la Cour Européenne des droits de l’Homme dans un arrêt du 16 novembre 2010 : elle confirme ainsi le phénomène de mimétisme des cours nationales par rapport au juge européen des droits de l’Homme.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>« Lutte contre la violence domestique: quelles initiatives et solutions européennes ? »</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/03/29/%C2%AB-Lutte-contre-la-violence-domestique%3A-quelles-initiatives-et-solutions-europ%C3%A9ennes-%C2%BB</link>
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    <pubDate>Tue, 29 Mar 2011 13:19:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Évènements</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.Hurry_Up_s.jpg&quot; alt=&quot;Hurry Up&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Hurry Up, mar. 2011&quot; /&gt;A l'occasion du 60ème anniversaire de la Convention européenne des droits de l'Homme et dans le cadre de l’opération « HURRY UP » (« Human Rights Revisited by Youth in Europe ») favorisant la création d’un réseau de jeunes ambassadeurs des droits de l’homme et de la démocratie en Europe, la Ville de Strasbourg et la Cour européenne des droits de l'Homme ont sélectionné un groupe de jeunes Strasbourgeois à qui a été confiée la mise en œuvre d’actions locales de sensibilisation aux droits de l’Homme. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans cette perspective une table-ronde sur la  lutte contre la violence domestique sera organisée par de jeunes Strasbourgeois avec le soutien de la Ville et de la CEDH.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt; « Lutte contre la violence domestique: quelles initiatives et solutions européennes ? »&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 31 mars à 18h30&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Institut d’Etudes Politiques (Salle 318), 47 avenue de la Forêt Noire, Strasbourg&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Venez nombreux!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Robert Badinter : &quot;Je suis un européen intégriste&quot;</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/03/23/Robert-Badinter-%3A-Je-suis-un-europ%C3%A9en-int%C3%A9griste</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:081e0dff73948c9c029f1d8bf26bec6d</guid>
    <pubDate>Wed, 23 Mar 2011 14:36:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>L'Europe vue d'ici</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/cedh_41055_21_730_2011-03-17.jpg&quot; alt=&quot;cedh_41055_21_730_2011-03-17.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;cedh_41055_21_730_2011-03-17.jpg, mar. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Par Tania Gisselbrecht&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si Robert Badinter a toujours eu pour le Conseil de l’Europe et le Cour européenne des droits de l’homme « les yeux de Chimène », cela n’aura pas été le cas de la France. A l’invitation du Conseil de l’Europe et de la Ville de Strasbourg, le juriste, défenseur acharné des droits et libertés s’est penché sur les relations paradoxales de la ‘Patrie des droits de l’Homme’ avec la Cour européenne des droits de l’homme. Dans un silence religieux, entre propos juridiques et politiques, l’auditoire l’aura aussi entendu clamer son bonheur d’être européen. Des « Dialogues de Strasbourg »  clôturés  par un cri du cœur de l’ancien Garde des Sceaux et Président du Conseil constitutionnel :« Vive les droits de l’homme ! ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;« La France se doit d’être exemplaire en matière de droits et libertés ou doit renoncer à être elle-même », clamait Robert Badinter en 1981. C’est cette considération qui a guidé son combat contre la peine de mort, tout comme son implication en faveur de la ratification par la France de la Convention européenne des droits de l’homme. Invité par le Conseil de l’Europe à dresser le bilan des relations qu’a entretenu la France avec la Cour européenne des droits de l’homme, il n’a pu que regretter que  la « nation pionnière » ne se soit pas montrée à la hauteur « de l’obligation de &lt;a href=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/03/23/se&quot; title=&quot;se&quot;&gt;se&lt;/a&gt; conformer à une convention (NDLR la Convention européenne des droits de l’homme) &lt;a href=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/03/23/qu’elle avait&quot; title=&quot;qu’elle avait&quot;&gt;qu’elle avait&lt;/a&gt; contribué à rédiger ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il faudra en effet, 25 ans pour que la France accède à la CEDH et 7 années supplémentaires pour qu’elle accepte le recours individuel, « révolution juridique » qui confère un statut juridique international à l’individu. Atermoiements aux relents souverainistes des parlementaires français, arguties pseudo-juridiques et arguments parfois spécieux des détracteurs d’une adhésion française à la convention (au rang desquels on comptera momentanément la Ligue des droits de l’homme) ont longtemps terni les rapports de la France avec le système européen de protection des droits de l’homme. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’ancien Garde de Sceaux estime que la raison profonde de la procrastination française s’explique d’abord par la situation algérienne. Les lois d’exception alors en vigueur, ainsi que l’existence de la Cour de sûreté de l’Etat rendaient l’idée même d’un contrôle international inconcevable.
En toute logique, la situation aurait dû changer après les accords d’Evian. Les autorités politiques du pays ont pourtant campé sur leurs positions pour d’obscurs motifs politiques. A l’époque « cette position faisait de nous le plus mauvais élève de la classe avec la Suisse ». « Cassin  avait des états d’âme à présider une Cour à laquelle son pays se soustrayait. » &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mobilisation de plus en plus grande des milieux juridiques favorables à l’accession de la France à la CEDH finira heureusement par produire ses effets. En décembre 1973, l’Assemblée nationale et le Sénat accepteront finalement à l’unanimité le principe de la ratification. Mais la manière « presque furtive » avec laquelle a été décidée la chose (pendant la période d’intérim suivant le décès du Président Pompidou) laissait présager d’autres difficultés.  « J’ai vu surgir de nouvelles inquiétudes » tenant « à la pesanteur souverainiste au sein des institutions ». La France avait certes ratifié la convention et accepté la compétence de la Cour, mais sous condition de réciprocité et à l’exclusion du recours individuel. Il s’agissait « d’une ratification formelle vidée de sa substance ». L’explication officielle : les tribunaux ont besoin de temps pour s’adapter au droit de la convention. Alors que la Cour fonctionnait depuis près de 30 ans ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aux yeux de Badinter, l’acceptation du recours individuel constituait pourtant une « question de dignité pour la France » ; le refuser : « une humiliation pour le pays qui se targue d’être ‘la Patrie des droits de l’homme’ ». Soit dit en passant, Badinter récuse cette dernière figure de style, son utilisation relevant de la « cécité historique ». « Ce qu’est la France, c’est la patrie de la Déclaration des droits de l’homme. Et c’est déjà considérable ».
Finalement, en octobre 1981, quelques jours seulement avant la promulgation de la loi portant abolition de la peine de mort en France, Badinter trouve un second motif de réjouissance : les citoyens français pourront désormais saisir la Cour européenne des droits de l’homme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;« Je me suis réjouis que la France ait été un client assidu de la Cour ! (…) Au 1er janvier 2009, 17805 requêtes avait été déposées contre la France, 773 arrêts rendus dont 576 condamnations. Un palmarès honorable !» Derrière l’ironie, la conviction que la jurisprudence de la Cour (…) « est un moyen mis à la disposition  des magistrats er des avocats dont il faut se servir ». Citant les domaines dans lesquels s’est manifesté l’impact positif de cette jurisprudence, Robert Badinter insiste sur deux points d’actualité. D’abord, l’amélioration des conditions de détention dans les prisons, sujet qui lui tient particulièrement à cœur(http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20051102.OBS4032/une-cause-nationale-par-r-badinter.html). « L’administration pénitentiaire aspire (à l’utilisation de la jurisprudence de la cour par les magistrats et les avocats) car pour elle, c’est un moyen d’obtenir plus de moyens financiers ». Il prophétise aussi la fin du statut actuel du Parquet. « Combat d’arrière garde, sa dépendance à l’égard de l’exécutif ne résistera pas à la jurisprudence de la Cour ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En ouverture de son intervention, Badinter avait tenu à saluer la vision des « hommes d’Etat  qui se sont réunis au Congrès de La Haye en mai 1948,  pour sceller la destinée commune du continent ».  Ces hommes étaient conscients qu’ « il n’y avait pas d’avenir hors d’une Europe des droits et des libertés ». Pour conclure, « le vieux monsieur qui dit tout ce qui lui passe par la tête » clame sa fierté d’être européen.  « Sans la CEDH, la civilisation européenne ne pourrait pas se targuer d’être ce qu’elle est. Sans vous (les magistrats de la Cour, les avocats, les juristes), nous n’apparaitrions pas comme un continent phare. Je suis un européen convaincu et je dirai même un européen intégriste ! » &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Interrogé par le Président de la Cour, Jean-Paul Costa, sur la persistance d’attitudes de rejet vis-à vis de la jurisprudence de la Cour, Robert Badinter a répondu qu’il ne fallait « pas prêter trop d’importances aux expressions politiques (de ce rejet) ; par contre, le mouvement profond de national-populisme auquel on assiste sur notre continent est un mal redoutable. Si l’on croit qu’on peut nationaliser les valeurs que représentent le Conseil de l’Europe et la Cour, on commet une terrible erreur historique. On ne ferait que les affaiblir et détruire leur part d’universalisme qui est la marque de notre culture européenne. »  « Ne laissons rien passer ! ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Revenant à la demande d’un journaliste sur les propos qu’il a tenu le 7 mars 2011, sur France Inter (http://youtube.com/watch?v=wTbeQHQNr80), concernant la tenue d’un débat sur l’islam en France et l’emploi d’expressions telles que ‘français d’origine musulmane ‘ dans le discours politico-médiatique, il a martelé que ces faits font « outrage aux fondements de la République et à la laïcité. Il n’y a que des citoyens français. Le reste (la religion) ne peut pas être mentionné comme référence ! ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;&lt;em&gt;Crédit photo : Conseil de l'Europe&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Vous avez dit ‘blues persan’ ?</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/03/22/Vous-avez-dit-%E2%80%98blues-persan%E2%80%99</link>
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    <pubDate>Tue, 22 Mar 2011 14:27:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Culture en CAPITALES</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/noroozbbcpersialivebroadcast.jpg&quot; alt=&quot;rana fahran&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;rana fahran, mar. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Par Tania Gisselbrecht&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;N’en déplaise à certains, le choc des civilisations n’est pas une fatalité. La chanteuse iranienne Rana Farhan, en a fait une démonstration éclatante, lors d'un concert organisé à Strasbourg, dans le cadre de la quinzaine culturelle iranienne. Les amateurs de jazz et de blues, ont en effet, pu découvrir une artiste talentueuse dont la voix sensuelle donne vie à la poésie mystique du 13 siècle au gré de rythmes typiquement anglo-saxons. Alliance contre nature ? Rien n’est moins sûr. Rencontre avec une artiste unique qui nous dévoile les ressorts d’un métissage musical qui flirte avec l’universalité des sentiments.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rana, entre deux mondes…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Sur scène Rana est presque discrète : pas de tenue ostentatoire, pas de gestuelle marquée. Elle a même l’humilité de s’effacer devant les musiciens locaux qui l’accompagnent le temps d’une unique soirée.  En Iran, elle est pourtant devenue une icône.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Son succès est l’histoire d’un mariage. Un mariage d’amour entre un héritage culturel ancestral (la poésie mystqiue persane) et des mélodies occidentales (jazz et blues). A entendre avec quelle facilité les &lt;em&gt;ruba'is&lt;/em&gt; (quatrains) de Khayyam se lovent dans une mélopée &lt;em&gt;bluesy&lt;/em&gt; et comment les &lt;em&gt;ghazals&lt;/em&gt; (odes ) de Rumi accompagnent le phrasé syncopé du jazz, on se dit que les deux univers étaient définitivement fait l’un pour l’autre. Comment s’est déroulée leur première rencontre? Un coup de foudre ? En interrogeant Rana, je comprends que c’est un processus qui s’est opéré graduellement. Naturellement aussi. Les deux partenaires ont, en effet, cohabité longtemps de manière platonique avant que l’évidence ne s’impose. « Partout dans le monde,  nous grandissons avec la musique occidentale. Moi-même, j'ai grandi en écoutant les Beatles, les Rolling Stones, du blues, tous les styles de musique occidentale. Enfant, je chantais le blues en anglais en m'accompagnant à la guitare. Mais l'idée de pouvoir un jour chanter le blues en farsi me titillait. »  &lt;br /&gt;
L’enfance, c’est aussi l’apprentissage de l’amour de la poésie. Quiconque a voyagé en Iran sait que la poésie fait partie intégrante de la vie des iraniens. « Dans chaque famille, on récite de la poésie. Moi, j’ai grandi en écoutant mon père réciter Rumi. C’est ainsi que j’ai développé ma passion pour la poésie. » La dédicace  qui figure sur son  album ‘&lt;em&gt;Baz Amadam’&lt;/em&gt; illustre l’attachement viscéral de Rana Fahran à sa culture d’origine. « Merci à mes parents, pour l’amour de l’art et de la littérature qu’ils m’ont transmis». La place de la poésie dans la société iranienne, Rana a toutefois du mal à l’expliquer. « Même les personnes illettrées sont capables de réciter des poèmes par cœur. C’est une religion de l’amour !  Je ne vois pas comment l’expliquer autrement ! » dit-elle en riant. « Il doit bien y avoir une raison pour laquelle les iraniens apprécient tellement la poésie depuis des siècles. Personne ne les y force ! »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En Europe, Rana Fahran doit certainement sa notoriété au film de Bahman Gohbadi &quot;Les chats persans&quot; qui capturait avec  brio l'énergie de la scène musicale iranienne actuelle. (http://www.youtube.com/watch?v=hwrB9StldJA&amp;amp;feature=related) Sa voix résonne dès les premières minutes du film dans un studio d'enregistrement. Mais son visage reste absent. C'est que devant l'impossibilité de s'adonner librement à sa carrière musicale, elle a fait le choix douloureux de quitter son pays dans les années 90. Sa musique porte les stigmates de cet exil. « Son expérience artistique est née de la douleur » affirme Bahman Ghobadi. La souffrance ?  Peut être le maillon manquant qui aura permis à l’artiste de sceller l’union de deux traditions culturelles que rien ne prédisposait à se rencontrer. « Lorsque je suis arrivée à New York, c'est comme si toutes les pièces du puzzle s'emboitaient enfin. Vous rencontrez de nouveaux visages, issus de cultures différentes; peu à peu, c’est comme si vous ressentiez et compreniez mieux votre propre culture ». Puis vient « l’instant où tout se cristallise ». « Lorsque j'ai rencontré Steven Toub, nous avons mélangé ce qui nous plaisait le plus dans nos cultures respectives. »  Une vieille guitare destinée au rebus, ramassée sur le trottoir, agrémentée de nouvelles cordes et un livre de Rumi ouvert à la page d’une ode aux musiciens feront le reste. « La musique, comme l'art, vous surprennent toujours ! ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;strong&gt;… pas si éloignés que ça&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Ce que Rana a accompli, avec son fidèle guitariste, c’est  encore Bahman Ghobadi qui le formule le mieux. &quot;A l'image de l'aiguille et du fil, elle assemble l'occident et l'orient à travers sa musique. » Le résultat est surprenant. A double titre. Les vers de poésie mystique persane ont trouvé un écrin à leur mesure dans les rythmes langoureux du blues et les improvisations plus légères du jazz. C'est la voix et l'âme de Rana qui rendent possible ce sortilège. Pour les mélomanes non persanophones, la magie opère si bien qu’ils en oublient que les paroles sont incompréhensibles. Ce qui aurait pu être un piège, se transforme alors en message. Celui de la force d’une voix sensuelle, d’une mélodie qui ne connaît pas les frontières. Rana ne fait d’ailleurs pas état d’incompréhensions à l’égard de sa musique dans son pays d’accueil. « Les américains sont très ouverts aux autres cultures. Tout comme le milieu musical, spécialement le blues et le jazz. La réciproque est aussi vraie : dans d’autres pays, on apprécie beaucoup le blues et le jazz. Cette musique réunit les cultures. D’ailleurs quand je rencontrais des musiciens et que je leur annonçais que je chantais du blues mais en persan, leur réaction était généralement ponctuée d’un &lt;em&gt;’wow, cool !’&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment expliquer que la poésie mystique s’adapte aussi subtilement à une musique plus contemporaine ? Certainement parce qu’elle porte les mêmes émotions, les mêmes espoirs. « Pour moi, certains des poèmes de Rumi commencent comme une chanson de blues : mon amour s’était enivré, et ne tenait plus sur ses jambes… C’est totalement blues !” Si le blues est avant tout un moyen d'expression musical de la détresse de l’âme, son alliance avec la poésie mystique persane révèle finalement la modernité de celle-ci. « Les sujets abordés par Rumi, Hafez et Khayyam collent parfaitement notre quotidien. » estime Rana. « Ce qui explique que Rumi soit un des poètes les plus vendus aux Etats Unis ! Sans la poésie, sans la musique, sans la littérature, c’est une part de votre vie qui manque. Leurs textes sont pleins d’espoir, d’énergie. Dans nos vies actuelles, nous en avons de plus en plus besoin. » La poésie, on la retrouve aussi dans les miniatures qui ornent son album ‘&lt;em&gt;Baz Amadam’&lt;/em&gt; et qu’elle peint elle-même, en digne héritière des maîtres iraniens, dans son atelier de restauration de meubles (http://www.ranafarhan.com/photos.html).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour son prochain album, Rana Fahran a pris le parti de s’éloigner des poètes. Cette fois, elle essaye de jeter sur le papier « sa propre poésie ». « Enfin, ce sont plutôt de simples paroles. » reprend-t-elle modestement. Ce ne sera pas sa première expérience d’écriture. Témoin distante des manifestations de juin 2009 consécutives à la réélection frauduleuse du président Ahmadinejad, c’est guidée par ses sentiments, qu’elle a composé en quelques heures avec son fidèle guitariste la chanson intitulée ‘&lt;em&gt;Voices&lt;/em&gt;’ (http://www.youtube.com/watch?v=ddYqYlga338). « Tout s’est déroulé spontanément, Steve et moi étions tellement excités par ce qui se passait. Dans la foulée, nous avons décidé de réaliser un vidéo clip avec les photos qui circulaient sur le net. » Pas d’intention particulière donc au moment de l’écriture. Juste une réponse à une forte émotion. « Nous ne pouvons pas faire grand chose, nous sommes loin. Mais nous vous entendons, nous vous soutenons. » La chanson touche : par la suite, plusieurs campagnes de soutien au peuple iranien reprendront le morceau. Une phrase retient l’attention dans ce texte : « de qui as tu peur ? » A qui s’adresse-t-elle ? « Au régime ! Si le régime n’avait pas peur, qu'y aurait-t-il de mal à manifester pacifiquement ?» La douce Rana reste malgré tout optimiste pour l’avenir de son pays. « On doit l'être. Quoiqu'on fasse, rien ne peut empêcher ce qui doit advenir. C'est comme du sucre dans de l'eau. Il se dissoudra même si vous n'utilisez pas de cuillère pour le dissoudre plus rapidement. Ca doit arriver. C'est un processus naturel. » J’ai tellement envie de croire ce que dise ses grands yeux noirs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;''Pour prolonger la découverte : http://www.youtube.com/watch?v=w6k2m86jf4A et http://www.youtube.com/watch?v=whaMTnyGau0&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La quinzaine culturelle iranienne se poursuit jusqu’au 27 mars. Retrouvez le programme sur http://www.semaineiranienne.eu&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Crédit photo :  Live à Londres sur http://www.ranafarhan.com/photos.html. Courtoisie de l’artiste.''&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>La culture, cʼest capital !</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2011/03/22/__La-culture%2C-c%CA%BCest-capital-%21__</link>
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    <pubDate>Tue, 22 Mar 2011 14:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Culture en CAPITALES</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/.culture2_m.jpg&quot; alt=&quot;culture2.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;culture2.jpg, mar. 2011&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rédaction de CaféBabel Strasbourg inaugure sa nouvelle rubrique culturelle «Culture
en capitales»&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Gros mot pour certains, concept nébuleux, voire pompeux pour dʼautres, la culture nʼest -
elle pas avant tout ce lien par lequel sʼopèrent quotidiennement des découvertes
réjouissantes et se tissent des liens entre individus curieux dʼhorizons étrangers ?
Lʼactualité culturelle que CaféBabel Strasbourg souhaite aborder est celle que les
Européens pratiquent au plus près de chez eux comme à des kilomètres de distance : une
culture de la pluralité des initiatives et de la diversité des points de vue.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La rédaction de CaféBabel Strasbourg souhaite à travers ce nouvel axe rédactionnel
ouvrir les horizons et développer son champ dʼinvestigations européennes, en écho à
lʼEurope qui se construit sous nos yeux, en dehors des assemblées officielles: à côté de
lʼEurope politique, faisons de la place à lʼEurope des cultures, celle des artistes en tous
genres, des amateurs dʼimages, de sons et de mots...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Parler de la culture en Europe, cʼest faire le pari de parler dʼEurope autrement, sʼintéresser
à ce qui transporte les Européens dans leur goûts et leurs pratiques artistiques, littéraires,
musicales, cinématographiques... Aujourdʼhui les expositions circulent de villes en villes,
les festivaliers se déplacent, les touristes gourmands en richesses culturelles dépassent
allègrement les frontières : regardons alors de plus près la multitude de ces pratiques
culturelles qui, par jeu de relations, dʼéchanges et de transferts semblent pouvoir participer
de la compréhension et de lʼapprentissage des cultures voisines...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nos articles sʼintéresseront alors tant aux politiques publiques européennes en matière de
culture et à leurs effets pratiques, quʼaux évènements culturels qui font lʼactualité des
Européens, de ci, de là... Les grandes et plus petites villes dʼEurope sont souvent les
vitrines dʼune scène nationale ou locale énergique : nous irons alors à la rencontre de ces
«capitales» essentielles, chacune dans leur domaine de spécialité...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;CaféBabel Strasbourg, par ailleurs acteur dʼune ville européenne et culturelle frontalière
ira aussi voir, ce qui à gauche et à droite du Rhin, participe à construire un territoire de
pratiques culturelles réelles dans un espace de circulations propices au dialogue interculturel
: entre France et Allemagne, nous souhaitons faire de Strasbourg un
«observatoire culturel», au coeur de lʼEurope.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bienvenue dans « Culture en capitales » : pour que la culture sʼécrive au pluriel !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mickaël Roy, coordinateur de la rubrique&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
</channel>
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