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  <title>Le CLANdestin européen - Billets d'humeur</title>
  <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/</link>
  <description>L'Europe vue par Babel Strasbourg</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 29 Nov 2008 19:52:21 +01:00</pubDate>
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    <title>Construire l’idéal européen par l’élan citoyen</title>
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    <pubDate>Sat, 19 Jul 2008 18:00:00 +02:00</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Billets d'humeur</category>
            
    <description>&lt;h5&gt;Strasbourg, 17 juillet 2008&lt;/h5&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Par Géraldine Canet&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/./.-Users-geraldine-Documents-EUROPASTRAS-07_articles_ge_raldine-080713-arbre-grece-arrivee_s.jpg&quot; alt=&quot;                               &quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Et si l’Europe des valeurs passait par la réappropriation de l’espace européen par les citoyens européens ?
Cinq étudiants ont tout récemment montré l’exemple en ralliant Lille  à la symbolique Olympie à vélo, pour sensibiliser les peuples d’Europe à l’action “Un arbre pour la Grèce”, en faveur du reboisement des espaces dévastés par les incendies de l’été 2007. Et ont lancé à leur arrivée, le 30 juin 2008, un “Appel à la Fraternité européenne”.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Quelques jours après le départ de la présidence française de l’Union Européenne, après le non irlandais et autres protestations contre la régression sociale en Europe, changeons un instant notre angle de vue, regardons autour de nous puis rapprochons-nous un peu de nous-mêmes...
Imaginons que nous tous, citoyens européens, prenions en main notre avenir et décidions d’agir ensemble sur notre quotidien autour des valeurs de fraternité, de solidarité, d’équité entre les peuples, d’éthique économique, de respect de l’environnement... valeurs mêmes prônées par l’Union Européenne, qui peine parfois à les mettre en œuvre... “par le haut”. Quelle force que ce nouvel élan citoyen ! Quel bel espoir et quel bel exemple pour les générations futures !&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une histoire de cœur, “intégrant les valeurs essentielles telles que la solidarité, le courage, l’enthousiasme”&lt;/strong&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/./.-Users-geraldine-Documents-EUROPASTRAS-07_articles_ge_raldine-080713-arbre-grece-equipe_goulandris_s.jpg&quot; alt=&quot;-Users-geraldine-Documents-EUROPASTRAS-07_articles_ge_raldine-080713-arbre-grece-equipe_goulandris.jpg&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Touchés par les catastrophiques incendies qui ont ravagé la Grèce durant l’été 2007, Guillaume Bouton, Harsh Doshi, Julien Druelle, Chrisophe Goncalves et Romain Renuy, étudiants à l’Ecole Supérieure des Affaires de Lille, créent l’association “Les Citoyens de l’Europe” afin de sensibiliser et de mobiliser les citoyens européens à l’opération “Un arbre pour la Grèce”. Portée par l’association “L’Elan Nouveau des Citoyens”, cette action est notamment soutenue par l’UNESCO, et par de nombreuses personnalités dont l’ancien directeur du Tour de France Jean-Marie Leblanc, les animateurs Nikos Aliagas et Stéphane Bern, la Présidente du Musée d’Histoire naturelle d’Athènes Niki Goulandris, le vice-ministre grec des Affaires étrangères Théodoros Kassimis...
Pour nos cinq jeunes cyclistes qui s’apprêtent à traverser la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie, pour un parcours total de 1800 km, cet engagement sera l’occasion de montrer que, grâce à des gestes simples, l’Europe de la fraternité entre les peuples peut se concrétiser, “&lt;em&gt;car nous aspirons à renforcer l’Europe des citoyens, unis autour des valeurs d’entraide et de solidarité&lt;/em&gt;”, écrivent-ils.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;“Soutenir l’idéal de fraternité européenne par une action concrète et symbolique”&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après un périple de plusieurs semaines et devant l’enthousiasme des populations rencontrées, “Les Citoyens de l’Europe” décident, avec “L’Elan Nouveau des Citoyens”, de lancer le 30 juin un “Appel à la Fraternité européenne”. A quelques heures du départ de la présidence française de l’Union européenne, ils annoncent leur volonté d’“&lt;em&gt;œuvrer pour que dans un an, se tiennent à Athènes les premières assises de la fraternité européenne&lt;/em&gt;”. Leur arrivée est accueillie de façon triomphale et félicitée par le Maire d’Olympie et Madame Goulandris, avec messages de soutien du Président de la République Grecque Karolos Papoulias, du Commissaire européen à l’Environnement Stavros Dimas, et du Directeur général de l’UNESCO Koichiro Matsuura, ainsi que fanfare et formidable couverture médiatique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Devant cette belle preuve de respect et de reconnaissance pour l’initiative citoyenne, que nous aimerions voir mieux exister au-delà des frontières grecques, je laisserai le mot de la fin à Stavros Dimas : &quot;&lt;em&gt;Je voudrais saluer votre initiative et vous soutenir dans cet élan. (...) En agissant ensemble dans un mouvement de solidarité, nous pourrons mieux aider et protéger nos concitoyens et notre environnement. L’Europe sera d’autant plus forte en combinant nos approches et nos capacités&lt;/em&gt;&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Document annexe&lt;/em&gt;: &lt;a href=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/Appel_a_un_elan_de_fraternite_europeenne.pdf&quot;&gt;Appel_a_un_elan_de_fraternite_europeenne.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Europe : la cinquantaine, grande (27 membres), attirante (6 élargissements), recherche stabilité et prospérité après avoir eu la paix.</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2008/05/11/Europe-%3A-la-cinquantaine-grande-27-membres-attirante-6-elargissements-recherche-stabilite-et-prosperite-apres-avoir-eu-la-paix</link>
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    <pubDate>Wed, 14 May 2008 10:45:00 +02:00</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Billets d'humeur</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Par Guillaume Delmotte&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/Salon_de_l_Horloge_Quai_d_Orsay_Flickr-Bruno.jpg&quot; alt=&quot;declaration schuman&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;58 ans après la déclaration que Robert Schuman fit au salon de l’Horloge du Quai d’Orsay le 9 mai 1950, quelles perspectives peut-on tracer pour l’avenir de l’Union européenne ?
Alors que le Traité de Lisbonne est en cours de ratification, deux aspects de la construction européenne méritent d’être interrogés : d’une part, la méthode à suivre pour approfondir la construction européenne (1) et, d’autre part, l’objectif à assigner à l’Union européenne (2).&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;1. La méthode de la construction européenne : du fonctionnalisme au fédéralisme&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment faire progresser l'Europe ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour répondre à cette question, il est parfois proposé de relancer « l’Europe des projets ». Parmi ces projets, celui qui est évoqué le plus souvent concerne l’énergie. Il s'agirait de fonder une véritable politique commune autour de la problématique énergétique, dans la mesure où celle-ci favoriserait l'éclosion d'un « intérêt général européen ». Il ne s'agit donc pas d'autre chose que de perpétuer la méthode Monnet en créant une « &lt;em&gt;solidarité de fait&lt;/em&gt; » entre Européens, grâce à des « &lt;em&gt;réalisations concrètes&lt;/em&gt; » : ce fut l'Europe du charbon et de l'acier dans les années 1950, ce serait aujourd'hui l'Europe de l'énergie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Instruits par l'expérience historique, nous savons que cette démarche fonctionnaliste a montré son efficacité et il est certain que la question énergétique (qui a pour corolaire notre modèle de développement économique) est une porte d'entrée à la hauteur des « défis » du siècle à venir.
Néanmoins, cela suffit-il ? A mon sens, non. On trouve une illustration de l’insuffisance du fonctionnalisme à propos du budget de l’Union européenne. Il est souhaitable sur ce plan de voir s'inverser les tenants et les aboutissants de la négociation budgétaire en Europe et passer d'une logique où domine l'intérêt national à une logique de « l'intérêt général européen ». Mais le Conseil européen, en l'état actuel, ne peut être le lieu où s'exprime cet intérêt. L'institution d'une présidence stable et autonome du Conseil européen, grâce au Traité de Lisbonne, permettrait peut-être d'aller dans ce sens. Nous avons besoin d'une gouvernance européenne supranationale, c'est-à-dire, disons le mot, d'une gouvernance &lt;em&gt;fédérale&lt;/em&gt; européenne. Nous voyons donc resurgir ici la question institutionnelle, que l'adoption du Traité de Lisbonne n’épuise pas. Tant que l'impulsion politique fondamentale de la construction européenne ne dépendra pas d'une institution de type fédéral plutôt qu'interétatique comme aujourd'hui, il ne pourra y avoir de réel progrès dans la voie de l'intégration politique. La Commission et le Parlement européen sont les seules institutions qui transcendent aujourd'hui les intérêts nationaux. La nouvelle présidence du Conseil européen devrait pouvoir exprimer elle aussi cet intérêt général européen tant recherché (le Conseil des ministres étant l'institution où se traduit le principe de participation des Etats fédérés, inhérent au fédéralisme - l’autre grand principe du fédéralisme est celui de l’&lt;em&gt;autonomie&lt;/em&gt; : les Etats fédérés peuvent notamment légiférer dans leurs domaines de compétence propres). Si nous voulons un budget &lt;em&gt;européen&lt;/em&gt; alimenté par des ressources &lt;em&gt;européennes&lt;/em&gt; (par exemple, une part de l'impôt sur les sociétés), un budget décidé en fonction des besoins de l'Union, et non pas seulement issu de l'addition (et de la soustraction...) des intérêts des Etats, alors il nous faut des institutions politiques qui expriment l'intérêt général européen dans toute sa plénitude.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le fonctionnalisme est donc nécessaire mais insuffisant. Seul le fédéralisme institutionnel et budgétaire peut faire progresser l'expression de l'intérêt général européen. C'est d'autant plus vrai que si le « concert des Nations » pouvait encore porter ses fruits dans l'Europe des Six de l'après-guerre, avec des chefs d'Etat et de gouvernement dont les options idéologiques étaient proches et les expériences personnelles nourries par deux guerres mondiales, en revanche, la seule coopération intergouvernementale est inadaptée dans une Union de 27 Etats faisant face à la « globalisation ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;2. L’objectif de l’Union européenne : de la régulation à la puissance publique&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Afin d’affronter cette dernière et d’en être partie prenante, tout le monde parle de « régulation ». Il n'est guère de terme plus galvaudé dans le discours politico-économique. Mais à quelle régulation fait-on référence ici ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le marché intérieur est aujourd'hui partiellement régulé, au sens où toutes les politiques d'accompagnement de l'ouverture de ce marché  – politique régionale, harmonisation fiscale, cohésion sociale, etc. – sont encore loin d'être toutes effectives, si l'on songe seulement au problème du « &lt;em&gt;dumping fiscal&lt;/em&gt; ». Il est nécessaire évidemment d’œuvrer au renforcement de ces politiques et de favoriser la solidarité européenne.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le droit européen le plus avancé et le plus efficace en matière de régulation du marché est sans conteste celui de la concurrence. A bien des égards, ce droit est la traduction de la conception néo-classique de la concurrence pure et parfaite. Il comprend deux volets : l'un s'appliquant aux entreprises, l'autre aux Etats.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si le droit appliqué aux entreprises (ententes, abus de position dominante, concentrations...) n'est a priori pas critiquable en soi et même, est à porter au crédit de la construction européenne (il n'est qu'à voir l'affaire Microsoft), en revanche, le régime juridique des aides d'Etat mérite d'être interrogé. La critique à l'égard de ce dernier doit être prise au sérieux (cf. les travaux de l'économiste Frédéric Lordon : &lt;a href=&quot;http://econon.free.fr/Lordonhtml.html&quot;&gt;L'Europe concurrentielle ou la haine de l'Etat&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si les restrictions apportées à ces aides peuvent se justifier eu égard aux distorsions de concurrence entre Etats que celles-ci peuvent engendrer, il est clair qu'elles portent atteinte à l'action publique en matière économique et industrielle, et ce à l'heure de la globalisation et de l'exacerbation de la compétition mondiale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Des aménagements ont certes été adoptés depuis les années 1990 (dérogations, règlements d'exemption...), mais les aides d'Etat demeurent fortement encadrées.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si la capacité d'action des Etats se trouve ainsi amoindrie, il faut alors repenser l&lt;em&gt;'action publique&lt;/em&gt; à l'échelle de l'Union européenne en passant du contrôle des aides d'Etat à la promotion des aides de l'Union, ce qui repose la question institutionnelle et budgétaire évoquée ci-dessus. L'Union européenne doit devenir une &lt;em&gt;puissance publique&lt;/em&gt; capable de mener une politique monétaire, budgétaire, macro-économique (l'invocation d'un droit pour l'Union de « faire du déficit » n'a pas de sens avec un budget tel qu'il est dimensionné aujourd'hui) et industrielle. Dès lors, il est permis d’interroger à nouveaux frais les fondements du droit de la concurrence appliqué aux entreprises, dans la mesure où la rigueur des règles procédurales relatives au contrôle a priori des concentrations d’entreprises peut rendre difficile la constitution de groupes industriels de taille mondiale. Pourtant, ce n’est qu’ainsi que l’Union sera capable de relever les « défis » de la rude compétition économique à l’œuvre à l’échelle internationale et de jouer un rôle majeur dans la « régulation » des échanges mondiaux, dont les principes doivent également être définis en réformant les institutions internationales.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jean Monnet, dans une note adressée au CFLN le 5 août 1943, écrivit : « &lt;em&gt;il est essentiel que soit empêchée la reconstruction des souverainetés économiques&lt;/em&gt; ». Il évoqua alors le concept d’« &lt;em&gt;une Fédération ou une entité économique commune&lt;/em&gt; ». Un peu plus tard, il lança l’idée d’« &lt;em&gt;un pays industriel européen&lt;/em&gt; » dont les productions seraient « &lt;em&gt;exploitées au profit de l’Europe entière&lt;/em&gt; » (cité par Marie-Thérèse BITSCH, &lt;em&gt;Histoire de la construction européenne&lt;/em&gt;, Complexe, 2004, p. 62).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le projet de la CECA était bien sûr en germe dans ces propos. Mais seule une partie du programme a été réalisée : &lt;strong&gt;la disparition des « souverainetés économiques » nationales, ce qui a correspondu à une première phase historique de la construction européenne. L’heure est aujourd’hui à la constitution d’une souveraineté économique européenne&lt;/strong&gt;, qui doit s’entendre comme une capacité d’intervention de l’Union européenne en tant que puissance publique agissant sur la scène mondiale. L'Europe ne doit donc pas seulement être envisagée comme un espace intérieur à construire mais aussi comme une entité qui doit s’inscrire dans le monde. Autrement dit, l'Europe ne doit pas seulement être un espace économique, ce devrait être aussi un lieu &lt;em&gt;politique&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(Photo: Salon de L'Horloge, Quai d'Orsay, Flickr/Bruno)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Vous avez dit « RGPP » ?</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2008/04/11/Vous-avez-dit-RGPP</link>
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    <pubDate>Fri, 11 Apr 2008 01:29:00 +02:00</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Billets d'humeur</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Strasbourg, le 10 avril 2008&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Par Grégoire Labbé&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/rgpp.jpg&quot; alt=&quot;rgpp.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt; Un nouveau sigle a fait son apparition dans le langage politico-médiatique : « RGPP », pour « Révision générale des politiques publiques ».
En réalité, ce n’est pas totalement une nouveauté. La « revue générale des politiques publiques » avait été annoncée pour la première fois en juin 2007 par le Premier ministre.
Après une année au compteur, le Gouvernement entame maintenant cette révision générale.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;On admirera l’inventivité de la novlangue technocratique. En effet, il est formellement interdit de parler de « rigueur », terme honni, faisant référence à des expériences malheureuses sous la Vème République (Barre, Mauroy, Juppé) – il me semble pourtant que l’on en manque, de la rigueur. On lui préférera, dans une visée cosmétique, le mot de « réforme » ou celui de « modernisation » qui sont tout de même plus convenables et, surtout, tellement mieux à même de faire passer l’amère pilule. Cette « RGPP », qui a même son site Internet (1) – c’est vous dire si c’est moderne –, ne serait donc que la conséquence du vent de réforme qui soufflerait en France, paraît-il, depuis mai 2007.
On nous explique aussi que « l’entreprise France » se doit de faire des économies, si elle veut notamment continuer à respecter les exigences européennes en matière de finances publiques, alors qu’elle s’apprête à présider l’Union européenne à partir du 1er juillet prochain. On ne nous dit plus rien en revanche des recettes, diminuées par le « paquet fiscal » : c’est cadeau les amis !
Mais que penser des objectifs de la RGPP : « maîtriser et rationaliser les dépenses publiques tout en améliorant la qualité des politiques publiques » ? Ne s’agit-il pas au fond de l’objectif que devrait assigner en permanence le Gouvernement à l’administration ? Le but pour le service public de produire mieux à un meilleur coût est tout à fait louable. Mais la fixation de critères uniquement quantitatifs (comme le non-renouvellement d’un poste de fonctionnaire sur deux partants à la retraite) ne révèle-t-il pas une vision purement comptable de l’action publique ?
Est-on sûr qu’à l’issue de cette « RGPP », qui a tout l’air d’une « RDDP », réduction drastique des dépenses publiques, l’Hôpital public accueillera mieux les malades et favorisera l’égal accès aux soins ou que l’Education nationale permettra aux élèves de s’instruire dans de bonnes conditions sur l’ensemble du territoire ? C’est ce que les citoyens attendent. Sinon, après la révision générale des politiques publiques, c’est un autre « RGPP » qui pourrait être à l’ordre du jour : le renvoi général du pouvoir politique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(1)&lt;a href=&quot;http://www.rgpp.modernisation.gouv.fr/cmpp4-4-8/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;	http://www.rgpp.modernisation.gouv.fr/cmpp4-4-8/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Se soumettre ou se démettre.</title>
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    <pubDate>Fri, 07 Mar 2008 15:15:00 +01:00</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Billets d'humeur</category>
            
    <description>&lt;h4&gt;L'alternative historique du Président de la République ou comment sortir de la « constitution Sarkozy »&lt;/h4&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Par Guillaume Delmotte&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/./.car5_126_s.jpg&quot; alt=&quot;car5_126.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;
&lt;em&gt;« Il faut que Mac-Mahon se soumette ou se démette »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(Léon Gambetta, campagne des élections à la Chambre des députés des 14 et 28 octobre 1877)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1958-2008&lt;/strong&gt; : au mois d'octobre prochain, la Constitution de la Vème République aura 50 ans.
C’est toutefois l'année 1962, date de l'adoption du suffrage universel direct pour l'élection présidentielle, qui est considérée comme l’avènement de la dimension « présidentialiste » du régime, bien que celui-ci soit formellement de nature parlementaire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/Se_soumettre_ou_se_d_mettre_06-03-2008.pdf&quot;&gt;Article en version PDF&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;En 1986, le phénomène de la « cohabitation », qui se renouvellera en 1993 et en 1997, est venu troubler le jeu des institutions. La Vème République a survécu à ce phénomène, susceptible, a priori, de lui être fatal dans la mesure où la paralysie la guettait. Les institutions politiques de la France ont révélé en ces périodes une grande capacité d’adaptation, facilitée également par l'esprit de responsabilité de ceux qui en ont été les acteurs.&lt;br /&gt;
Il faut ajouter ici que, même dans le cas où les majorités parlementaire et présidentielle ont coïncidé, il n'a pas été rare de voir « cohabiter » - avec tout ce que cela comporte de désaccords, voire de conflits ouverts –  les deux têtes de l'exécutif, Président de la République et Premier ministre. Ce fut le cas, à des degrés divers, de 1969 à 1972, entre Georges Pompidou et Jacques Chaban-Delmas puis de 1974 à 1976, entre Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac et, plus près de nous, de 1988 à 1991, entre François Mitterrand et Michel Rocard.&lt;br /&gt;
La &lt;strong&gt;dyarchie&lt;/strong&gt; constituée par le Président de la République et le Premier ministre est le cœur du système institutionnel et politique français. Elle fonctionne de telle manière qu'elle permet au Président de ne pas être mis en cause directement, laissant le Premier ministre assumer la responsabilité politique à la fois devant l'Assemblée nationale et face à l'opinion, notamment lors des élections intermédiaires. J'y reviendrai.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;L’effet « quinquennat » : un présidentialisme renforcé ?&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En 2002, la mise en pratique du quinquennat, adopté deux ans auparavant par référendum, devait marquer une nouvelle étape. D’aucuns ont prétendu que le régime allait dès lors changer, attribuant à ce raccourcissement du mandat du Président de la République la cause d’un renforcement du présidentialisme. L'inversement du calendrier des élections présidentielle et législatives, celles-ci devant suivre celle-là, a bien évidemment contribué à cette interprétation en renforçant la prééminence politique de l'élection et de l'institution présidentielles.&lt;br /&gt;
L'action de l'actuel Président de la République, Nicolas Sarkozy, conforterait-elle cette analyse ? Depuis 2007, le quinquennat aurait-il donné tous ses fruits ? Le présidentialisme se déploierait-il enfin de manière totale ?&lt;br /&gt;
J'ai toujours pensé que l'on surestimait l'effet du quinquennat sur l'évolution de notre régime politique. L'enchaînement de l’élection présidentielle et des législatives limite, il est vrai, le « risque » de cohabitation, c'est-à-dire de majorités différentes à l'Elysée et à l’Assemblée, mais il ne l'annule pas pour autant. En effet, il faut se rappeler qu'en 1988, le PS et ses alliés n'obtinrent qu'une majorité relative bien que François Mitterrand fût élu avec 54 % des suffrages quelques semaines auparavant. Le raccourcissement à cinq ans du mandat présidentiel a bien entendu des vertus. Cette durée apparaît à bien des égards comme plus conforme à la temporalité de la vie politique, accélérée par la médiatisation, c'est-à-dire que la fréquence de la mise en jeu de la responsabilité politique est davantage en adéquation avec l'exigence de réappropriation de la chose publique par les citoyens. De plus, cette durée se rapproche de celles pratiquées dans la plupart des Etats européens, s'agissant du renouvellement de l'exécutif. En effet, la durée du mandat du chef de l’Etat est souvent de cinq ans (Allemagne, Portugal, Grèce, Pologne, Lituanie, République tchèque, Hongrie, Roumanie) ou parfois de six ans (Autriche, Finlande). Le septennat est en revanche en vigueur en Italie et en Irlande. En ce qui concerne le chef du Gouvernement, la durée de son mandat est à mettre en rapport avec celle des législatures dans les régimes parlementaires : quatre ans (par exemple en Allemagne) ou cinq ans (dans le cas du Royaume-Uni).&lt;br /&gt;
L'expérience du premier quinquennat de la Vème République, entre 2002 et 2007, inauguré par la réélection de Jacques Chirac, dans un contexte  exceptionnel du fait de l'absence de la gauche au second tour (il y eut toutefois un précédent en 1969), a montré que rien au fond n'avait été bouleversé dans la pratique des institutions de la Vème République. Sur le strict plan du fonctionnement institutionnel, ce (second) mandat de Jacques Chirac n'avait rien de différent, me semble-t-il, de ceux de ses prédécesseurs. Le Premier ministre est demeuré responsable devant le Parlement et devant l'opinion : après le « non » au référendum sur le traité constitutionnel en 2005 (et le résultat des élections régionales de 2004), le Président nomma un nouveau Premier ministre. Les mécanismes classiques de « respiration » du régime politique de la Vème République ont été mis en œuvre.&lt;br /&gt;
Il me semble en effet que la nature du régime et du système politiques n'a pas été fondamentalement modifiée depuis 1962. Nous sommes toujours dans un régime présidentialiste, susceptible de s'accommoder de la « cohabitation », même si encore une fois, ce « risque » est sans nul doute amoindri.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;La « constitution Sarkozy » ou l’ hyper-présidentialisme en acte&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce qui change en réalité, c'est la manière dont Nicolas Sarkozy conçoit la fonction présidentielle et celle de Premier ministre, c’est-à-dire l’équilibre interne de la dyarchie. Sa lecture des institutions peut être qualifiée d’hyper-présidentialiste. C’est ce que j’appellerai la « constitution Sarkozy ». En effet, en accaparant l'ensemble des responsabilités, présidentielle et gouvernementale, il accentue nettement le caractère présidentialiste du régime et modifie l'équilibre des institutions en réévaluant les rôles au sein de la dyarchie exécutive. Le Premier ministre ne serait que le premier des ministres. Mais en se mettant trop en avant, en gouvernant seul et en concentrant la communication des décisions, entouré par ses conseillers, Nicolas Sarkozy risque du même coup de fragiliser l'institution présidentielle. La fonction de Premier ministre, qui naguère apparaissait comme relevant d'une position impossible à tenir, serait en revanche moins exposée. Mais, dès lors, en cas d'échec grave du Président de la République – sanctionné par exemple par des résultats calamiteux lors d'élections intermédiaires, comme par exemple des élections municipales – ou bien de crise sociale majeure, le Premier ministre ne pourrait probablement pas servir de « fusible » commode au sein la dyarchie exécutive, d'autant plus que celui-ci aurait conservé et la confiance des parlementaires et, paradoxalement, celle de l'opinion.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;Hyper-présidentialisme et responsabilité politique : une solution de continuité&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment, dans cette perspective, remettre en jeu la responsabilité politique lorsque celui qui entend les exercer toutes est en même temps celui qui n'est responsable que devant les Français dans l'intervalle de deux scrutins présidentiels, alors même que le Président est seul juge de la mise en jeu de sa propre responsabilité politique ? Ceci n’est d’ailleurs pas nouveau dans l’histoire politique de la Vème République. C’est même un fait constant, lié à la nature du régime politique. En effet, le Général de Gaulle démissionna en 1969 parce que le résultat du référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation fut négatif, alors que Jacques Chirac, malgré l’échec du référendum relatif à la ratification du traité constitutionnel européen, demeura à l’Elysée.&lt;br /&gt;
Quelles solutions aurait le Président de la République dans l'hypothèse d'une mise en cause de sa responsabilité politique personnelle ? Le fait de formuler la question en ces termes est déjà un problème car, encore une fois, seul le Président est en position de décider de sa propre responsabilité.&lt;br /&gt;
La &lt;strong&gt;première solution&lt;/strong&gt; consisterait à ne rien faire en attendant la prochaine échéance présidentielle et en espérant que d'ici là, la situation redevienne favorable. L'entreprise paraît hautement risquée et grosse de dangers, car un pouvoir désavoué et rendu illégitime ne dure jamais longtemps dans un cadre légal… sauf à modifier ce cadre. D’ailleurs, sans même anticiper une révision constitutionnelle modifiant en profondeur le régime politique de la France, il faut rappeler ici que l’une des 77 propositions du « Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République », présidé par Edouard Balladur, était de modifier l’article 21 de la Constitution : le Gouvernement ne devrait plus déterminer et conduire la politique de la nation mais seulement conduire celle-ci. Cette nouvelle rédaction entérinerait la pratique actuelle.&lt;br /&gt;
La &lt;strong&gt;deuxième solution&lt;/strong&gt; serait de remanier le Gouvernement, voire de nommer un nouveau Premier ministre, afin de donner une nouvelle impulsion à sa politique. Cette solution sauverait les apparences en faisant fonctionner le jeu « normal » des institutions de la Vème République. Mais elle ne serait précisément qu'une apparence de mise en jeu de sa propre responsabilité politique, sauf à considérer que l'on en reviendrait après coup à une lecture plus classique, plus équilibrée, des rôles respectifs du Président et du Premier ministre.&lt;br /&gt;
Une &lt;strong&gt;troisième solution&lt;/strong&gt; consisterait, selon les circonstances, à dissoudre l’Assemblé nationale et à convoquer les électeurs. Là encore, c'est la légitimité issue des élections législatives qui prendrait certainement le dessus, avec la possibilité d'une « cohabitation ».&lt;br /&gt;
Enfin, une &lt;strong&gt;quatrième solution&lt;/strong&gt; s'offrirait au Président : celle de se démettre.&lt;br /&gt;
L'éventail de ces solutions, déjà éprouvées par le passé (à l'exception de la première), montre que la Vème République a quelques vertus et se caractérise par une grande souplesse, qui est due à la dyarchie et aux mécanismes du régime parlementaire qui lui sont associés, avec d'une part la mise en jeu de la responsabilité du Gouvernement devant l'Assemblée (et devant l’opinion publique) et, d'autre part, le droit de dissolution.
Néanmoins la lecture hyper-présidentialiste de Nicolas Sarkozy pousse le système dans ses limites, avec tous les risques que cela comporte. Dans un contexte économique et social déjà particulièrement tendu, il vaudrait mieux ne pas avoir à se soucier en plus du devenir de notre régime politique, même si des réformes sont souhaitables sur ce plan, comme celles concernant le Sénat, le cumul des mandats ou encore le mode de scrutin aux élections à l'Assemblée nationale.&lt;br /&gt;
Au fond, si l'on veut faire jouer pleinement la responsabilité politique du Président de la République et si Nicolas Sarkozy entend persister dans sa vision hyper-présidentialiste, ce dernier devrait, en cas d'échec, soit se soumettre à une conception plus classique des institutions de la Vème République, en redonnant au Premier ministre, au Gouvernement ainsi qu'au Parlement, toute la place qu'ils devraient occuper dans une République équilibrée, soit se démettre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;Vers un nouvel équilibre au sein de la dyarchie : présidentialisme modéré ou « primo-ministérialisme » ?&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il ne s’agit pas, comme à l’issue de la crise du 16 mai 1877, de passer d’un parlementarisme dualiste (dans le cadre duquel un double circuit de confiance politique est accordé au Gouvernement, et par le Président et par le Parlement) à un parlementarisme moniste (où la confiance politique n’émane que des Chambres – ce que l’on a appelé la « constitution Grévy », du nom du successeur du maréchal de Mac-Mahon), mais d’un hyper-présidentialisme (la « constitution Sarkozy ») à un présidentialisme modéré, où la dyarchie exécutive retrouverait son équilibre et où le Parlement verrait ses pouvoirs renforcés, voire, si l’on songe dans l’avenir à une VIème République, à un régime « primo-ministériel » de type parlementaire. Dans ce dernier cas, la dyarchie serait certes déséquilibrée au profit du Premier ministre mais, contrairement à l’hyper-présidentialisme, ce régime est doté de procédures de mise en jeu de la responsabilité politique dont l’initiative ne dépend pas en dernière instance de celui dont la responsabilité peut être précisément en cause compte tenu des pouvoirs et des prérogatives qui lui sont attribués, en l’espèce le chef du Gouvernement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Photo: Michel DELMOTTE, Dominé - Dominant, porcelaine, 2002)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>De la suppression du bilinguisme dans les documents électoraux en Alsace-Moselle ou comment délier les langues</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2007/12/26/De-la-suppression-du-bilinguisme-dans-les-documents-electoraux-en-Alsace-Moselle-ou-comment-delier-les-langues</link>
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    <pubDate>Wed, 26 Dec 2007 02:40:00 +01:00</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Billets d'humeur</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Strasbourg, le 25 décembre 2007&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Par Guillaume Delmotte&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’annonce de la suppression de l’usage de l’allemand dans les documents électoraux en Alsace-Moselle par le ministère de l’Intérieur a suscité récemment de vives réactions au sein de la classe politique locale, qui a mis en avant le caractère « parisien » de cette décision allant à l’encontre de la tradition, de l’histoire de la région et du respect dû aux personnes âgées… Devant cette levée de boucliers, le ministère a dû finalement renoncer à cette mesure.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Comme l’indique une réponse ministérielle à une question d’un parlementaire mosellan (1) , le bilinguisme des documents électoraux dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et dans dix-neuf cantons de la Moselle, est un usage qui trouve son origine dans une circulaire du Président du Conseil, ministre de la guerre, d’août 1919. Celle-ci disposa que, pour les élections législatives du 16 novembre 1919, les affiches des candidats pourraient être bilingues dans les départements qui venaient de réintégrer la République française.
Cette décision fut confirmée par des instructions verbales du ministre de l’Intérieur après la Libération.
Le bilinguisme ne se fonde donc sur aucun texte législatif ou réglementaire. Cette tolérance, puisque l’article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958 dispose que « la langue de la République est le français », permet de doubler les circulaires et affiches établies en français par un document rédigé en allemand, le recours au bilinguisme étant facultatif pour les candidats.
Depuis près d’un siècle, l’usage de l’allemand dans les documents électoraux en Alsace-Moselle reposait  ainsi sur une coutume, c’est-à-dire sur une règle non écrite. Mais on ne badine pas avec la langue, dont on sait depuis Aristote qu’elle est intimement liée au politique. Il a suffi d’une instruction ministérielle, écrite celle-là, pour s’en rendre compte. Etant donné les réactions provoquées par la tentative de suppression du bilinguisme – simple bévue ou volonté réelle ? –, on mesure à quel point l’Alsace-Moselle demeure, à l’heure de la construction européenne, une terre d’élection pour la pluralité des langues.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(1) Cf. Rép. Min. à M. Masson (Question n° 51128) : JO déb. Ass. Nat. &lt;a href=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2007/12/26/Q&quot; title=&quot;Q&quot;&gt;Q&lt;/a&gt;, 13 janvier 1992, pp. 181-182&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le foot business est-il une fatalité?</title>
    <link>http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2007/12/18/Le-foot-buisiness-est-il-une-fatalite</link>
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    <pubDate>Tue, 18 Dec 2007 10:41:00 +01:00</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Billets d'humeur</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Par Vincent Lebrou&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/foot.jpg&quot; alt=&quot;Foot&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;« Les supporters ne peuvent être assimilés à de simples consommateurs » : voilà en quelques mots l’esprit d’un rapport du Parlement européen rendu public en avril dernier sur les dérives du foot business. Soucieuse d’apporter son grain de sel à un débat de plus en plus vif sur la mercantilisation à outrance du football professionnel, les députés européens ont voulu tirer la sonnette d’alarme. Craignant que l’« hypercommercialisation » ne nuise à la « glorieuse incertitude du sport », les députés européens ont tenté d’apporter leur pierre à un débat qui enfle à travers toute l’Europe, apportant un avis qui tranche foncièrement avec l’idéologie désormais dominante selon laquelle le football est devenu  un business « comme les autres ».&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;« Le football pro est devenu un business »&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quelques chiffres tout d’abord en guise de piqûre de rappel. Il y a d’abord ce phénomène encore inédit en France, il y a moins d’un mois : le naming. Cette  pratique encore récente en Europe consiste à apposer le nom d’une entreprise à son stade. Nous avions déjà la rutilante Allianz Arena de Munich ou encore l’Emirates Stadium du club londonien d’Arsenal. Il faudra désormais faire avec la MMArena. En France c’est donc le club du Mans qui le premier a succombé à la tentation du naming. Surprenant précurseur, devançant notamment l’Olympique lyonnais, le club sarthois vient de conclure un accord avec la compagnie d’assurance MMA, sur une période de 10 ans. En échange d’une somme encore très éloignée des montants anglais - Le Mans touchera en 10 ans, ce qu’Arsenal touche en une saison - soit 10 millions d’euros, la compagnie d’assurance pourra associer son nom au stade de l’équipe locale. Exit le stade Léon-Bollée, vive la MMArena.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Henri Legarda, président du club, juge ce processus inexorable : « le football pro est devenu un business. Et comme tout business, il doit se rentabiliser ». Dont acte. Nous avions déjà la Heineken Cup et la Ligue 1 Orange, il faudra maintenant se rendre à la MMArena, en attendant le SFR Stadium où pourra se dérouler la Cocacola cup 2012. Un déferlement incessant de marques qui semble bien loin de s’interrompre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La frénésie des grands magnats du sport pour le football anglais.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il ne s’agit pas de jouer aux vierges effarouchées et de s’étonner aujourd’hui d’un phénomène amorcé il y a de cela plusieurs années. Mais les récentes évolutions qui mettent toujours plus l’argent et les marques au cœur du monde sportif sont inquiétantes à plus d’un titre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le cas de l’Angleterre est symptomatique. Les rachats de clubs par des magnats russes ou américains se multiplient et poussent le foot anglais encore plus loin dans la logique du foot business. Faire du profit, rentabiliser son investissement semblent être devenus la préoccupation majeure des nouveaux actionnaires de nombreux clubs anglais, parfois au détriment du jeu en lui-même.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après le rachat de Chelsea par Roman Abramovitch en 2003, plusieurs clubs anglais, ont succombé aux sirènes de milliardaires venus du monde entier. En 2005, Malcolm Glazer, milliardaire et propriétaire des Tampa Bay Buccaners, rachète le club de Manchester United pour 1,1 milliard d’euros. En août 2006, Randy Lerner, également propriétaire des Cleveland Browns, s'empare d'Aston Villa pour 93 millions d'euros. Le dernier exemple en date concerne le Liverpool FC : racheté par les deux Américains George Gillett et Tom Hicks pour 174,1 M£ (265 M€). Les raisons de cette transaction ? Le club cherche depuis deux ans à se procurer de nouvelles liquidités afin de faire face aux nécessités des compétitions d'élite et de financer un nouveau stade.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourquoi cet intérêt soudain de grands magnats du sport américain ? La réponse est peut-être à chercher dans la popularité que suscite le football à travers le monde. Alors que le football américain et le hockey sont des produits à la portée plus restreinte, le foot est un sport global, exportable aux quatre coins du monde.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Arsenal fait partie des clubs qui tentent encore de s’opposer à l’intrusion d’actionnaires étrangers au monde du football anglais. Il n’en reste pas moins que le club doit rentabiliser ses derniers investissements. Et quand un abonnement moyen pour le club d’Arsenal atteint les 1200 euros annuels et quand on sait qu’arsenal compte 45000 abonnés, on peut s’inquiéter d’une dérive financière qui paraît impossible à endiguer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une généralisation du « fan-coaching » ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment faire face à cette inéluctable marche en avant du foot business ? Suite justement au rachat du Manchester United FC par Malcolm Glazer, 3000 supporters sont entrés en rébellion et ont décidé de fonder leur propre club, le Fc United of Manchester, en 2005. Après avoir vu à l’œuvre 900 joueurs, 17 ont été sélectionnés pour porter les couleurs du club lors de la première saison. Deux montées successives plus tard, le club joue désormais dans ce qui serait l’équivalent de notre 8ème division. Parmi les principes les plus marquants qui fondent le projet du club : les dirigeants sont élus démocratiquement par les supporters, le club veillera à pratiquer des prix d’entrée accessibles, les dirigeants ne verseront pas dans la commercialisation à outrance. Pour l’avenir, le club cherche à se doter d’un nouveau stade et cherche à mettre en place une équipe féminine. Autre particularité à l’heure où les marques envahissent les tricots de nos athlètes, le club refuse d’apposer un logo sur son maillot. Un geste symbolique qui en dit long sur l’esprit du projet.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et les expériences de ce type se multiplient.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En France, on assiste depuis peu à la naissance d’un projet aussi loufoque qu’ambitieux : s’inspirant d’une expérience anglaise (www.myfootballclub.co.uk), trois jeunes trentenaires ont décidé de lancer le site www.cmonclubdefoot.com. Le principe ? Réunir 60 000 personnes pour reprendre un club professionnel en perdition et y appliquer une politique de management où le supporter est au cœur du processus de décision.  Disposant d’un contrôle accru sur la vie du club, les membres éliront le président, participeront au choix de l’entraîneur et suivront la politique sportive du club de façon privilégiée. Telles sont les promesses faites aux futurs actionnaires du premier club professionnel. Où en est le projet ? Le site est consultable depuis peu sur Internet : « on a pris l’engagement auprès de nos membres d’acheter un club d’ici un an », expliquaient deux des instigateurs du projet au journal L’Equipe en date du 6 décembre. Faute de quoi, « ils seront remboursés. La somme est versée à une association que nous avons spécialement créée et qui deviendra actionnaire majoritaire dans le capital de notre club pro ». « Nous avons la volonté de faire accéder les supporters à l’arrière-boutique d’un club de foot, de leur permettre de voir ce qui se passe dans les coulisses » : replacer le supporter au cœur de la vie de son club, voilà un projet qui tranche singulièrement avec la tendance actuelle. Après le retour en grâce de la démocratie participative, bienvenue au football participatif ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sans aller jusqu’au fan coaching, où le fan détermine l’équipe, la tactique et décide des changements en cours de match, comme c’est le cas de l’Hapoel Kiryat Shalom en Israël, cette expérience est symptomatique du malaise grandissant qui entoure le monde du football.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fracture se creuse.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Andy Smith, sociologue et directeur de recherche à l’université de Bordeaux s’inquiète : « les supporters se sentent dépossédés et ils ont l’impression que le club n’a plus besoin d’eux ».
Les grèves de supporters se multiplient, le climat à Paris toujours plus pesant autour du principal club de la capitale. En Allemagne, le manager du Bayern Munich, Uli Hoeness a violemment menacé de claquer la porte suite à une question d’un supporter à propos du manque d’ambiance dans le stade : « ce n'est pas possible qu'on se fasse ch..r à longueur d'année et d'être ensuite critiqué ainsi », avait rétorqué l’impétueux dirigeant à ce supporter qui se plaignait de la multiplication des loges VIP dans le nouveau stade de la capitale bavaroise. La place du supporter est dans la plupart des clubs européens marginale : alors qu’en 1970, les recettes au guichet représentaient 81% des budgets des clubs, un quart de siècle plus tard, avec la manne des droits TV, le ratio est tombé à 15%.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;« Le football ne fonctionne pas comme un secteur normal de l’économie »&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De plus en plus nombreuses, des voix s’élèvent face à ces dérives. En septembre dernier, Michel Platini, tout récent président de l’UEFA a écrit une lettre à tous les chefs d’Etat de l’Union européenne « en vue de protéger le football d’un mercantilisme qui l’assaille de toute part ». Quelques mois auparavant, c’était donc au tour des parlementaires européens de publier un rapport sur la question et d’affirmer que « le football ne fonctionne pas comme un secteur normal de l'économie», les « supporters » ne pouvant être assimilés à de simples « consommateurs ». Les députés européens s’en sont notamment pris au G14, réunion des clubs européens les plus riches : « le modèle européen du football, caractérisé par des compétitions ouvertes dans le cadre d'une structure pyramidale, dans laquelle des centaines de milliers de clubs amateurs et des millions de bénévoles forment le vivier des clubs professionnels de haut niveau, est le résultat d'une tradition démocratique bien ancrée dans la société tout entière ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les dérives du football professionnel européen sont innombrables et nécessiteraient bien plus qu’un post. Il faudrait parler de l’esclavagisme qui mine le football européen, de ces joueurs recrutés alors qu’ils n’ont pas atteint leur dixième anniversaire. Nous aurions également pu parler des droits télés : le prochain vainqueur du championnat anglais touchera à lui seul plus de 100 millions d’euros. Il nous aurait également fallu évoquer, la passivité des fédérations nationales, réduite au statut de simple « caisse enregistreuse »…  selon les mots de Geoff Pearson, directeur des études du MBA « football industries », de l’Université de Liverpool.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le problème est que le football, avec tout ce qu’il comporte d’excès et de débordements, s’est souvent révélé être un étonnant miroir de l’évolution de nos sociétés. Il devient urgent de ne plus sous-estimer l’évolution adoptée par ce sport et de revenir à davantage de raisons.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>D’Encausse toujours tu m’intéresses.</title>
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    <pubDate>Fri, 23 Nov 2007 08:10:00 +01:00</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Billets d'humeur</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Strasbourg, le 20 novembre 2007&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Par Guillaume Delmotte&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/./.Raffarin_et_son_conseiller_Michel-Delmotte_porcelaine_2002-1_s.jpg&quot; alt=&quot;Raffarin_et_son_conseiller_Michel-Delmotte_porcelaine_2002-1.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Ceci n'est pas une information. Tout est déjà connu. Toutefois, ce qui va sans dire va mieux en le (re)disant – comme l'affirmait déjà M. de Talleyrand – surtout dans le contexte actuel qui a vu, d’une part, l’élaboration d’un projet de législation visant à tester l'ADN des migrants dans le cadre du regroupement familial et, d’autre part, l’inauguration d’un Institut d’études sur l’immigration et l’intégration, créé par le gouvernement et chapeauté par le Haut Conseil à l’Intégration.&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Cette dernière institution est dotée d’un Observatoire statistique, chargé de rendre chaque année un rapport sur les flux migratoires en France et d’élaborer les outils pour évaluer la politique d’intégration. Son Conseil scientifique, qui rassemble les présidents et directeurs des grands instituts de recherche statistique, délibère sur le programme et valide les conclusions des travaux de l’Observatoire.  Il a la chance d’être présidé depuis 2004 par Mme Hélène Carrère d’Encausse – qui n’est d’ailleurs pas plus d’Encausse que je ne suis D’Elmotte –, secrétaire perpétuel de l’Académie Française et qui, pendant de nombreuses années, enseigna tout ce qu’elle savait du monde soviétique aux étudiants du prestigieux Institut d’études politiques de Paris.
Ce n’est pas la première fois que cette « intellectuelle de gouvernement » - comme pourrait la nommer l’historien Gérard Noiriel (un authentique spécialiste de l’immigration, lui) – officie dans les sphères étatiques.  Elle fut naguère membre de la Commission des « sages » pour la réforme du Code de la nationalité en 1986-1987.
Il est tout de même troublant que Mme Carrère d’Encausse ait conservé ses fonctions à la tête du Comité scientifique du Haut Conseil à l’Intégration après les propos qu’elle a tenus au moment des émeutes dans les banlieues françaises en novembre 2005, attribuant la cause de celles-ci à la polygamie :&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;« Beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues. »&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ah ! Que c’est beau la science ! Une analyse brillante et nourrie par des années de recherche ! On apprécie notamment le « Dieu sait quoi ! »… Et Mme le Professeur Carrère d’Encausse, que sait-elle ?
Pour ma part, je sais désormais pourquoi cela va si bien en France…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(Photohraphie: Michel Delmotte, &lt;em&gt;Raffarin et son conseiller&lt;/em&gt;, porcelaine, 2002)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>« Nicolas Sarkozy ose tout et c’est à cela qu’on le reconnaît (1) »</title>
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    <pubDate>Sun, 04 Nov 2007 18:01:00 +01:00</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Billets d'humeur</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Strasbourg, le 4 novembre 2007&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Par Léna Morel et Vincent Lebrou&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/public/strasbourg/./.sarkozy_s.jpg&quot; alt=&quot;FRANCE/&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt; Il est une polémique suscitée par Nicolas Sarkozy qui ne désenfle pas : elle fait suite au discours qu’il a prononcé le 26 juillet dernier à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar devant un parterre d’universitaires. Dernier rebondissement en date ? La passe d’armes entre Bernard Henri-Lévy et Henri Guaino, le premier traitant de raciste le second, auteur du discours incriminé.
Teintée de passéisme et de moralisme, l’allocution sur l’avenir du continent africain a provoqué un tollé sans précédent. A ces réactions unanimement indignées, a répondu un silence assourdissant de la part de ce que la France peut compter d’intellectuels ou d’hommes politiques prétendument vigilants. Cet énième dérapage de Nicolas Sarkozy, loin d’en être à son coup d’essai, et la mollesse des réactions qu’il a suscité posent une question : peut-on tout se permettre au nom d’une sincérité autoproclamée ? La méthode du « sensationnel permanent » peut-elle perdurer ?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;« A défaut de la Françafrique, place à la Sarkafrique ? »&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Fleuron du discours de Dakar: « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n y a pas de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée du progrès. Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce discours d’un autre âge a suscité de vives réactions de la part de nombreux politiques, intellectuels et chanteurs africains, parmi lesquels Véronique Tadjo, écrivaine ivoirienne, Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire : « aucun premier ministre britannique, aucun président des Etats-Unis, aucun chancelier allemand n’oserait parler ainsi. Dieu merci, la France est plus grande que son chef d’Etat &lt;a href=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2007/11/04/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt; Nicolas Sarkozy, tel ‘l’Européen conquérant’, dit aux Africains ‘ce qu’ils doivent penser’ » (Libération, Sous nos yeux l’histoire se répète, 13 août 2007). Jean-Luc Raharimanana, écrivain et dramaturge malgache écrit quant à lui : « Croyez-vous vraiment que l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous ? Seriez-vous aveugle ? » (Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, Libération, 10 août 2007). Et ces réactions ne sont qu’un petit échantillon représentatif d’un rejet quasi-unanime des propos tenus par Nicolas Sarkozy.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais plus encore que les réactions au discours lui-même, certains évoquent les conséquences potentiellement dramatiques d’une telle allocution.
Boubacar Boris Diop, écrivain et figure de l’Afrique francophone contemporaine exprime, ses craintes quant aux conséquences d’un tel discours: « d’un point de vue rigoureusement politique, son discours est une faute. Il ne tardera pas à s’en rendre compte : les Africains et les nègres ne lui pardonneront jamais » (Le discours inacceptable de Nicolas Sarkozy). Emmanuel Dongala, écrivain congolais, renchérit : « ainsi donc, Monsieur le Président, vous aimez l’Afrique et les Africains. Chiche ! Eux non plus. » (Quand le Président de la France se trompe de génération, Libération, 6 septembre 2007).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;S’il est clair que les propos de Nicolas Sarkozy sont infamants pour notre pays, il y a de plus quelque chose d’angoissant dans l’idée qu’à travers eux, le peuple français est pris en otage d’une idéologie aux conséquences dévastatrices pour le futur. Il est plutôt rare qu’une allocution adressée à l’étranger à la population locale ne se déplace et infiltre le débat national avec une telle violence. Il semblerait qu’outre la présence d’une importante population sénégalaise en France, ce soit le résultat d’une prise de conscience de la population française tout entière qui voit sa responsabilité engagée dans un discours qu’elle n’a pas souhaité ; comme si Monsieur Sarkozy avait parlé pour tous les français. Quand le Président français insulte le peuple africain, c’est toute la France qui insulte. Et c’est toute une population qui assumera avec lui les conséquences de propos outrageux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt; En France, des réactions au compte-gouttes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La presse française « critique » a été absente pendant bien trop longtemps. On nous a tout au plus proposé au lendemain de Dakar des brèves revenant sur « un discours applaudi froidement ». Ni éditorial, ni article polémique. Les premières interventions ne paraîtront qu’à partir de la fin août, écrites d’ailleurs pour la plupart par des intellectuels et hommes de lettre du continent africain. Est-ce le signe que la capacité de réaction et de critique de nos penseurs français a définitivement été anéantie ?
En l’absence de critique politique ou journalistique, les premiers à monter au créneau sont donc souvent des universitaires. « Cette parodie de discours prétendument direct, qui s’autorise toutes les outrances sur la case de sa sincérité autoproclamée, est une marque d’infamie. Reste une question. Dans un pays normal, ces propos devraient mettre le feu au débat. Mais en ces temps où il est de bon ton d’être décomplexé, tout devient possible, comme dirait l’autre » (L’homme africain …, Thomas Heams, Libération, le 2 août 2007). Un collectif d’universitaires condamne quant à lui l’ « ingérence mémorielle » (2)  que représente le discours de Sarkozy : « Est-ce à l’ancienne puissance coloniale de choisir le signe (positif, on l’aura compris) du bilan ? ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Du côté de l’étranger, les grandes instances médiatiques traditionnelles n’ont pas non plus relevé l’énormité des propos : un « pré carré » français ? Une affaire de politique intérieure entre la France et l’une de ses anciennes colonies ? Une crainte de faire preuve d’ingérence ? Seules dénotent des interventions journalistiques qui sont en marge du système médiatique traditionnel pour condamner l’esprit colonialiste que revêt ce discours – avec une violence et une langue aiguisée que l’on ne connaît pas dans nos quotidiens de référence : Que ce soit pour condamner la vision coloniale de Nicolas Sarkozy (Sarkozy befremdet Afrika, die Tageszeitung, 1er août 2007) ou pour se moquer du personnage qu’incarne le Président de la République : « son successeur &lt;a href=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2007/11/04/de Jacques Chirac&quot; title=&quot;de Jacques Chirac&quot;&gt;de Jacques Chirac&lt;/a&gt; hyperactif est un individu bien bizarre. &lt;a href=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2007/11/04/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt; Il y a un terme complexe de quatre syllabes pour désigner les gens qui pensent de cette façon : orientaliste. Un autre terme de quatre syllabes, plus simple, remplit la même fonction : condescendant. Et il existe un vilain mot de deux syllabes qui résume le tout : raciste. » (La vision raciale de l’hyper président, Gwynne Dyer, Le Soleil, journal canadien, le 8 septembre 2007)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;  Bockel, nouveau lieutenant de Nicolas Sarkozy ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans cette indifférence, une personnalité politique est venue au secours du Président pour faire face à la vague inaudible de critiques venues du continent noir. Jean-Marie Bockel, maire de Mulhouse, socialiste il y a encore quelques mois, déclare: « voilà plus d'un mois que l'on parle de l'Afrique avec passion, à Paris, à Dakar, à Pretoria... Journalistes, intellectuels, historiens, simples citoyens, hommes politiques, chacun, avec ses mots, son vécu, ses opinions, réagit, explique, développe. Bref, l'Afrique interroge, passionne, interpelle. Enfin ! Premier résultat, et non des moindres : le continent africain est de nouveau à l'ordre du jour ». Loin d’être rassasié, il ajoute, dans un mélange de candeur et de mauvaise foi à la limite de la schizophrénie politique : « en choisissant à dessein de parler librement, Nicolas Sarkozy a libéré la parole. Prenons acte de ce retour de l'Afrique dans le débat d'idées. C'est en soi une très bonne nouvelle » (L’avenir de l’Afrique appartient d’abord aux Africains, Le Figaro, 4 septembre 2007). Jean-Marie Bockel est d’une complaisance étonnante. « En choisissant de parler librement &lt;a href=&quot;http://strasbourg.cafebabel.com/fr/post/2007/11/04/…&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt;». Cette phrase est particulièrement révélatrice de l’ambiance politico-médiatique actuelle : comme enfin, un homme politique ose la sincérité, on ne peut décemment pas se plaindre que quelques tabous entretenus par la fameuse « pensée unique » soient violemment brisés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La question de l’Afrique doit évidemment être à l’ordre du jour ; mais la provocation constitue-elle le meilleur moyen pour introduire un sujet d’une telle importance ? Pire encore, la provocation et la stratégie du « sensationnel permanent » peuvent-elles devenir la marque de fabrique du plus haut représentant de l’Etat? Et d’ailleurs : est-on sûr que la provocation suscitera réponses et réactions ? L’habileté politique de Nicolas Sarkozy et les liens qu’il entretient avec les patrons des grands médias pourront lui offrir un répit salutaire sur le sol français. Il n’est en cela que trop aidé par l’apathie d’un PS qui n’en finit pas de succomber à sa politique d’ouverture en direction de nombreuses personnalités de gauche.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Quand omnipotence rime avec ingérence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;« Ainsi donc, le déterminisme de la pédophilie était un signe avant-coureur, une mise en jambe de campagne avant les choses sérieuses », avertit Thomas Heams. Nicolas Sarkozy n’en est pas à son coup d’essai : il se sera tour à tour improvisé historien, généticien, sociologue.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sociologue par son interprétation des émeutes de novembre 2005 et les origines de la violence.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Généticien par sa position déterministe sur la pédophilie et le suicide.
Lors d’un dialogue entre Nicolas Sarkozy et Michel Onfray pour le Philosophie Magazine n°8, le candidat à la présidence de la République avait alors déclaré: « j'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable ». Une incursion dans le champ de la génétique qui avait alors suscité l’indignation du monde scientifique et politique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Historien à bien des égards.
Si Nicolas Sarkozy s’érige en historien de l’Afrique et de la colonisation (ce qui a d’ailleurs valu la proposition d’une historienne africaine de rassembler des historiens du continent autour de l’écriture d’un livre d’histoire à l’adresse indirecte du Président français), il s’est déjà essayé à cet exercice à bien des reprises sur le sol français : du révisionnisme historique de la 2nde guerre à celui de la colonisation. Errare humanum est, perseverare autem diabolicum. Comment est-il justement possible que Nicolas Sarkozy puisse impunément déclamer la grandeur de la  France en des termes qui frôlent le nationalisme, aux dépends de quelques nations qui elles, ont effectué un travail de mémoire incomparable, sans que personne ne s’en offusque ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans la même veine que le discours de Dakar, Nicolas Sarkozy nous propose une petite leçon d’histoire « à sa sauce ». A Caen, le 9 mars 2007, on aura entendu : « La France n’a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n’a jamais exterminé un peuple. Elle n’a pas inventé la solution finale, elle n’a pas commis de crime contre l’humanité, ni de génocide. Mais la mode de la repentance est une mode exécrable. Je n'accepte pas que l'on demande aux fils d'expier les fautes des pères, surtout quand ils ne les ont pas commises. » A Nice, le 30 mars, « Je suis de ceux qui pensent que la France n’a pas à rougir de son histoire. Elle n’a pas commis de génocide. Elle n’a pas inventé la solution finale. Elle a inventé les droits de l’Homme et elle est le pays du monde qui s’est le plus battu pour la liberté. » Et enfin à Montpellier, le 3 mai, « Mais nous n’avons pas à rougir de l’histoire de France. La France n’a pas commis de génocide, elle n’a pas inventé de solution finale. Elle est le pays qui a le plus fait pour la liberté du monde. Elle est le pays qui a le plus fait rayonner les valeurs de liberté, de tolérance, d’humanisme. »&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Autant d’exemples qui nous aurons appris une chose : Nicolas Sarkozy aime à sortir du cadre de ses fonctions et de ses compétences pour s’aventurer sur le terrain de la science et de la recherche. Sa rhétorique nécessiterait plus qu’un article de blog. Cette essentialisation de la France est la porte ouverte à tous les nationalismes. Nicolas Sarkozy parle de « mode de repentance » et y oppose en filigrane une forme subtile de réhabilitation. Où sont passés nos historiens, politologues, philosophes ? Ces intellectuels – concept pourtant bien français – de tous bords qui sont seuls à pouvoir rétablir une vérité toute scientifique et objective afin de contrer définitivement l’omniscience auto-déclarée de notre Président ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On l’aura vu : les agissements et le langage souvent contradictoires du Président, la toute-puissance et toute- vérité dont il se sent investi, transgressent nos frontières nationales.  Relations bilatérales, européennes et internationales souffrent des excès de Nicolas Sarkozy et les conséquences d’une stratégie brutale pourraient rapidement se révéler désastreuses pour la situation de notre pays.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ingérence, omnipotence et omniscience… un cocktail explosif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A force de tirer la couverture à lui, Nicolas Sarkozy finira seul à la tête d’un pays las, isolé sur le plan européen, raillé sur la scène internationale. Le ministre des affaires étrangères allemand pourra en témoigner suite à l’épilogue de l’affaire des infirmières bulgares. Qui sait aujourd’hui que l’affaire était en passe d’être résolue, suite notamment au travail conjugué du ministre allemand et des institutions européennes (Commission européenne en tête) (3)?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’envenimement des relations bilatérales de la France avec ses partenaires européens semble inéluctable dans cette incessante lutte de force.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;« Avec sa bougeotte, sa façon de voler la vedette aux autres, Sarkozy s’est rendu extrêmement impopulaire. La relation Sarkozy-Merkel traverse une crise profonde » (Rheinische Post). Parmi les derniers incidents sur la scène européenne, on pourra rappeler celui concernant le nucléaire allemand. Nicolas Sarkozy, péremptoire avait déclaré lors de la rencontre de Meseberg du 10 septembre dernier : « les Allemands doivent revenir sur leur refus du nucléaire ». Vécu comme une véritable « ingérence frontale » du président dans un domaine ô combien sensible de l’autre côté du Rhin, Il ne s’agit hélas pas d’un incident isolé (on se souviendra de la prise de position de Nicolas Sarkozy concernant l’indépendance de la Banque Centrale européenne). Quelles peuvent-être alors les conséquences à long terme d’une omnipotence qui dépasse le cadre national ? Comment celui que nos partenaires surnomment désormais le « petit napoléon » va-t-il faire pour ne pas user jusqu’à la corde la patience des autres pays européens ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si à cette rupture méthodologique, on ajoute un versant idéologique, les derniers évènements ne laissent rien présager de bon pour l’avenir de notre pays sur la scène européenne. L’optimisme de façade affiché par Nicolas Sarkozy sera bientôt insuffisant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Que ce soit avec son désormais légendaire slogan d’inspiration ouvertement villiériste « La France tu l’aimes ou tu la quittes » ou avec l’affaire du nettoyage des banlieues « au karcher », les exemples ne manquent plus pour témoigner de la stratégie du tout-polémique adoptée par Nicolas Sarkozy. Pour être élu, il n’a pas hésité à employer les grands moyens. « Je vais tous les bouffer » a-t-il toujours dit en vue d’assouvir ses ambitions présidentielles. Si on peut évidemment douter de la sincérité politique de sa démarche, s’il paraît évident que l’objectif du candidat devenu Président est de flatter ce qu’il y a de plus nauséabond dans l’électorat français, Nicolas Sarkozy est loin d’être fou. C’est un homme politique de grand talent. Engagé dans une démarche populiste, l’homme politique le plus aimé et le plus haï du pays est celui qui a le mieux saisi le fonctionnement de la politique moderne. Le  plus inquiétant est que Monsieur Sarkozy n’a pas encore trouvé de concurrent à sa mesure dans le paysage politique. Et les prochaines élections présidentielles sont déjà dans cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(1) C’est ainsi que Thomas Heams, maître de conférence en génétique à Paris, résume le premier semestre 2007 de Nicolas Sarkozy (Libération, le 2 août 2007).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(2) Florence Brisset-Foucault, doctorante, Paris-I- Sorbonne, Marie-Emmanuelle Pommerolle, maître de conférences, université Antilles- Guyane Etienne Smith et Emmanuel Viret doctorants, Sciences-Po, Paris. Géopolitique de la nostalgie, Libération, le 14 août 2007.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(3) Frank-Walter Steinmeier et Ferrero-Waldner avait signé un document au premier semestre 2007, soit pendant la présidence allemande de l’UE, qui signifiait une grande avancée du dossier libyen assurant que les infirmières n’auraient pas le droit de poursuivre la Lybie pour torture après leur libération (cf. article publié dans le monde) idem R.U. Une démarche que Pierre Moscovici a qualifiée de « stratégie du coucou ».&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Sarkozy l’européen contre Sarkozy le nationaliste</title>
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    <pubDate>Wed, 04 Jul 2007 23:55:00 +02:00</pubDate>
    <dc:creator>Babel Strasbourg</dc:creator>
        <category>Billets d'humeur</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Par Géraldine Canet et Yulia Kochneva&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Strasbourg, Palais de la musique et des congrès, lundi 2 juillet 2007.&lt;/h5&gt;


&lt;p&gt;« Plus jamais ça ! » : c’est le ton choisi par Nicolas Sarkozy pour introduire son discours sur l’Europe lundi soir à Strasbourg, notre capitale européenne. Un bon moyen de placer la France et l’Allemagne comme moteurs de la volonté et de « l’idéal » européens. Mais où sont donc passés les autres États membres, eux aussi moteurs de l’Union ? Et la persistance de la notion d’« identités nationales » dans le discours de Nicolas Sarkozy est-elle vraiment compatible avec les valeurs véhiculées par l’Union européenne, quand l’une prône le repli sur soi et les autres l’ouverture ?&lt;/p&gt;    &lt;h4&gt;« Le Sommet de Bruxelles marque le retour de la politique dans l’Europe »&lt;/h4&gt;


&lt;p&gt;Soit ! Pour le Président de la République française, c’est la dépolitisation de l’Europe qui l’a conduite à une crise, à une « obligation de subir au lieu de la mettre en capacité d’agir dans un monde où tous les autres continents défendent vigoureusement leurs intérêts ». Selon Nicolas Sarkozy, depuis le sommet bruxellois du 23 juin, l’Europe est « sauvée » grâce à la volonté de « tous les dirigeants politiques de l’Europe de sortir du blocage »… mais d’abord grâce à son « traité simplifié » qui permettrait enfin aux Européens de « parler ensemble, décider ensemble ». Il souligne tout de même le travail remarquable d’Angela Merkel et rend hommage au Président de la Commission européenne José Manuel Barroso pour son attitude « exemplaire » durant ce sommet. Sommet qui s’est finalement conclu par la signature d’un accord.
Une politisation de l’Europe ? Oui ! A condition qu’elle soit vraiment au service de l’Europe.&lt;/p&gt;


&lt;h4&gt;Quand l’Europe se met à servir aux propos nationalistes du Président français…&lt;/h4&gt;


&lt;p&gt;Mais comment Nicolas Sarkozy peut-il aussi facilement passer de la notion d’« identité de l’homme européen » à celle des « souverainetés et identités nationales » ? Selon le Président de la République française, « il est clair que ce traité n’a pas vocation à devenir un super état, un seul pays, une seule nation, un seul peuple. Et ainsi la voie est désormais ouverte à un travail urgent et nécessaire sur les souverainetés et identités nationales au sein de l’Union Européenne ».
Et si l’Union européenne, et plus, l’« unité européenne » n’avait d’avenir que dans l’intime conviction que nous sommes ensemble unis pour un idéal commun, comme un seul peuple, le Peuple Européen ?
Qu’en est-il de tous les autres pays européens ? Ont-ils vraiment la sensation que leurs « identités sont malades », ou bien est-ce une inquiétude franco-française nourrie et exploitée par le candidat Nicolas Sarkozy pour gagner l’élection présidentielle ? Inquiétude qu’il serait grand temps de surpasser si l’Europe souhaite réellement accéder au vœu de l’ex-candidat : « étonner le monde » par son « audace », son « intelligence », son « cœur », son « courage », afin de changer le visage de la « civilisation mondiale » !
Pour quel visage et par qui ?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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